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Photo prise en Minolta par Ren Hang

Ren Hang, la transgression renversée

3 min
À retrouver dans l'émission

« Ce n’est pas moi qui m’attaque aux tabous chinois ce sont les tabous chinois qui s’attaquent à moi » disait le photographe disparu en 2017 à 29 ans. Son œuvre fulgurante est présentée à la Maison Européenne de la Photographie.

Photo prise en Minolta par Ren Hang
Photo prise en Minolta par Ren Hang Crédits : Untilted / Courtesy of Estate of Ren Hang and OstLicht Gallery

Au début des années 2010, la caméra d’un journaliste de Vice Japon s’intéresse à ce photographe qui met en scène les corps nus des jeunes chinois. Il s’appelle Ren Hang, et il a la censure aux trousses. On l’arrête en pleine séance de prises de vue, on l’empêche d’exposer ses images pour « suspicion de sexe », on clôture deux fois son site internet ainsi que son profil Weibo le réseau social made in china. 

Ren Hang aura tout juste le temps d’irradier les galeries et les publications occidentales de la grâce si singulière de ses clichés, avant de mourir à 29 ans, emporté par cette maladie crève cœur, la dépression. 

Deux ans après sa disparition, le première grande rétrospective de son œuvre s’ouvre à la Maison Européenne de la photographie à Paris. 150 tirages, 1200 images en diaporama récupérées dans l’archéologie du web, des livres auto-publiés, un recueil de poèmes : la production est là inachevée et pourtant déjà si complète. Comme l’écrit Raphaele Godin du magazine Pulp, qui fut son agent et sa commissaire d’exposition « c’est seuls que nous laisse Ren Hang face à ses images, sans titres, sans marges, sans repères ».

Alors plutôt que de définir un parcours chronologique pour y déceler telle ou telle période, l’exposition prend le parti de nous laisser circuler dans ce geste fulgurant tout juste organisé par ensemble de formes. C’est ainsi que Ren Hang aura abordé les corps : des matières à formes.

Féminine ou masculine peu importe, la chair sert à dessiner des compositions exemptes de convoitise érotique. L’influence du japonais Nobuyoshi Araki est là, au loin, mais la relation aux modèles est tout autre. Ces amis ou ces jeunes qui ont répondu à son annonce se retrouvent dans son petit appartement qui sert de studio ou pour des photos volées la nuit dans un parc à Pékin. Avec un Minolta rudimentaire, Ren Hang ouvre alors son esprit à toutes les inspirations colorées. Un inconscient plastique et non pas sexuel traverse ses images d’une fraîcheur aussi cinglante que désarmée.

Succession de fessiers à l’infini, comme des dunes, croisements de mains aux ongles vernies de rouge dans un entrejambe indéterminé, géométries siamoises, corps suspendus dans la nature ou serpentés d’animaux. Comme le raconte une des ses modèles ce sont des images de sexe cru mais d’une pureté venue d’un autre monde.

C’est peut être cela la transgression suprême de Ren Hang montrer que ces corps dénudés n’ont rien de transgressifs mais révèlent en négatif l’oeil pervers des censeurs.

Chroniques
8H50
3 min
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