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High Life

La science fiction c’est nous !

4 min
À retrouver dans l'émission

« High Life » le nouveau film de Claire Denis et ses vagabonds de l’espace, libère des imaginaires préfabriqués pour explorer nos propres trous noirs.

High Life
High Life Crédits : Claire Denis

Que peut la science fiction quand tout les scénarios catastrophes la prennent de court sans passer par la case fiction ? 

Quand le moindre rapport du GIEC, le groupe d’experts intergouvernementaux sur le climat, pourrait servir de trame aux anticipations les plus effrayantes. Et encore, on les accuse d’être optimistes ! 

Que faire quand les dystopies deviennent trop réelles ? Quand la Hongrie prend le chemin de La Servante Ecarlate ? De la destruction des droits des femmes à la mise en place d’une République de pondeuses domestiques. 

Que faire quand les vendeurs d’apocalypses prospèrent sur des mesures qui nous conduisent elle mêmes aux pires effrois ?

Eh bien la science fiction c’est nous ! C’est un peu le cri dans l’espace que lance le nouveau film de Claire Denis « High life ». Un film où « il y a pas mal de science et de fiction » explique la réalisatrice, mais pas un film de science fiction « un film terre à terre dans l’espace ».

Des criminels expulsés du système solaire sont condamnés à errer à bord d’un vaisseau prison, tel est le point de départ de « High Life ». Bien loin des batailles galactiques, des aliens de l’espace, ou des drames cosmonautes. Un genre, d’ailleurs, en pleine expansion : d’ « Interstellar » à « Fisrt Man » en passant par « Gravity » et « Seul sur mars ».

Ici le vaisseau ne ressemble à rien, si ce n’est une benne à ordure de l’extérieur, et des couloirs façon « Shining » à l’intérieur. Il n’y a pas non plus de mission de conquête ni de développement des connaissances, seule une errance infinie. 

Sur un prétexte scientifique, partir capter l’énergie des trous noirs, ces hommes et ces femmes envoyés dans cette colonie pénitentiaire spatiale comme alternative aux couloirs de la mort, ne reviendront jamais. 

Perdue pour toujours, la communauté violente va s’autodétruire... Il n’en reste qu’un, Robert Pattinson, seul avec un enfant, fabriqué par une  sorcière de la procréation, Juliette Binoche.

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La science fiction ici est toute philosophique. Sur la musique de Stuart Staples des Tindersticks, elle nous renvoie à l’exploration de nos propres trous noirs. Elle questionne jusqu'au bout le désir et le sexe déconnecté de la reproduction, elle se rapproche des tabous comme des astres noirs, elle envisage une humanité et une civilisation qui aurait tout son système de valeurs à réinventer.

Mais à l’image de ces rapports envoyés dans l’abîme du temps par « Monte » le personnage de Robert Pattinson qui tape des comptes-rendus qui n’atteindront peut-être jamais la Terre, jamais à temps pour être lus ; à l’instar de ce jardin que les détenus spationautes cultivent pour rien ; le film de Claire Denis n’a rien à démontrer ni à enseigner. Seulement enlever le costume des imaginaires pré-fabriqués, pour laisser s’ouvrir en nous, de nouvelles perspectives. 

Chroniques
8H50
3 min
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Je suis devenu docteur en publiant mon premier roman
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