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Xavier Dolan sur le plateau

Cher Xavier Dolan

2 min
À retrouver dans l'émission

« Ma vie avec John F. Donovan », nouveau film du prodigieux cinéaste, sort sur les écrans : l'occasion de lui écrire une lettre.

Xavier Dolan sur le plateau
Xavier Dolan sur le plateau Crédits : Shayne Laverdière

Cher Xavier Dolan,

Je m’appelle Mathilde Serrell, j’ai 38 ans, je vis en France, un pays où comme ailleurs dans le monde, la vérité est entrée en crise. Un pays, où comme ailleurs dans le monde, la jeunesse ne compte pas se laisser enterrer vivante. 

Lorsqu’on parle de vous ici, dans votre langue première, le français, votre langue de cœur, on vous décrit parfois comme « l’enfant terrible du cinéma québécois ». C’est un peu étroit… Mais la filiation lointaine avec Jean Cocteau ne doit pas vous déplaire lui qui disait « ce qu’on te reproche cultive-le, c’est toi ».

Aider la génération qui vient à être elle même, à trouver sa voix, plutôt que de rejoindre à la hâte les berges faussement sèches du succès, aura été votre premier élan lorsqu’à 25 ans vous avez obtenu le Prix du Jury à Cannes pour "Mommy". Vous aviez opté pour l’anglais dans le but d’être entendu par le plus grand nombre. Vous aviez d’abord remercié Jane Campion la présidente du jury pour sa « Leçon de piano », leçon qui vous a permis d’écrire ces rôles de femmes, de volonté et d’âme, ni victime ni objet. Et puis vous aviez lancé cet appel :

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Depuis vous avez compris que vous demandiez le plus difficile : être soi quand mille autres doubles et autant de mirages se présentent au miroir. En ce sens votre dernier film « John F. Donovan » sème de petits cailloux blancs dans un sentier obscur et douloureux. 

Vous écrivez d’abord à votre double ce petit garçon qui, comme vous l’aviez fait à 8 ans, envoie des lettres à son idole, ou plus précisément, à cet âge sans concession, sa raison d’être. Par le prisme de la fiction, votre Leonardo di Caprio est devenu John F. Donovan, un autre double, acteur de séries inventé, mais incarné par Kit Harrington véritabe Jon Snow de Game of Thrones (la série la plus téléchargée au monde).

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Mais "John F. Donovan" n’est pas un film sur la célébrité, il emprunte le canal hollywoodien pour ouvrir encore un peu plus grand la porte, comme lorsque vous vous êtes adressé à la jeune génération en anglais. 

Recevant à nouveau un prix à Cannes, à 27 ans, cette fois pour « Juste la fin du monde »,  et cette fois en français, vous aviez fait cet émouvant discours :

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"Même si l'émotion est une aventure qui voyage parfois mal jusqu'aux autres, elle finit toujours par arriver à destination" disiez-vous. Ce qui voyage jusqu’à destination dans "John F. Donovan" c’est avant tout un espace intime. Ces relations si contrariées avec la mère, cette différence aussi, face au monde extérieur, qui si on ne la cultive pas aseptise toute possibilité de changement. 

Et au cas où nous serions perdu dans le flot, vous avez laissé quelques aphorismes au point d’entrée, de milieu et de sortie du film, qui flottent encore après la projection comme des bouées. « Plus que l’amour que la gloire que l’argent donnez-moi la vérité » (emprunté à l’essayiste américain Henry David Thoreau), « le style c’est de savoir qui on est » (emprunté à l’intellectuel américain Gore Vidal) et enfin, ces derniers mots qui sont peut-être les vôtres « Deviens qui tu es avant de mentir ... »

Chroniques
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3 min
La Conclusion
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