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Hubert de Givenchy ajustant un chapeau.

Hubert de Givenchy, "dernier homme" derrière la marque?

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Après Christian Dior, Coco Chanel, et Yves Saint Laurent : Hubert de Givenchy s’en est allé. Un des derniers à nous rappeler que derrière l’empire du luxe français, derrière chaque pub de parfum ou de rouge à lèvres, il y avait d’abord l’audace d’un créateur ou d’une créatrice.

Hubert de Givenchy ajustant un chapeau.
Hubert de Givenchy ajustant un chapeau. Crédits : Jack Robinson - Getty

Après le rachat de sa marque par le groupe LVMH en 1988, Hubert de Givenchy tiendra 7 ans en tant que directeur artistique avant de renoncer estimant qu’il était devenu « un simple employé dont on bafouait le nom ». Bien sûr, de grands talents de la couture se sont succédés à la direction artistique de la maison comme Alexander McQueen ou Ricardo Tisci, mais cette nouvelle ère du luxe il ne semblait pas s’y reconnaître. « Il y a de plus en plus de robes mais pas de direction, des sacs avec des chaînes, des chaussures presque importables. Si c'est ça le luxe, ça n'a qu'un temps » déclarait-il à Paris Première en 2015.

Quel était alors le « luxe intemporel » d’Hubert de Givenchy ? Dans le cortège des hommages, ce sont les mots « d’élégance à la française » et de « chic parisien » qui reviennent. C’est vrai mais je crois que c’est encore trop circonstancié. 

D’abord parce que les pièces iconiques d’Hubert de Givenchy constituent des fondamentaux du vestiaire contemporain au-delà de l’élégance parisienne. La petit robe noire de sa muse et amie Audrey Hepburn dans « Breakfast at Tiffany’s », la chemise blanche à manches volantes de son autre muse Bettina Graziani, mais aussi son manteau ballon et sa robe-sac, matrices de ce qu’on appelle aujourd’hui l’« oversize », ou encore son tailleur-short ancêtre du « combi-sort », en sont des illustrations.

Mais aussi parce que l’élégance du vêtement devient avec lui une élégance de l’être et non des circonstances. Première révolution esthétique. Il va s’affranchir des règles qui codifient encore la couture au moment où il ouvre sa maison dans les années 50. Plus de tenues en fonction de l’heure du jour et de l’âge de la portante, mais des vêtements confortables et ludiques qui permettent de la révéler. Ce n’est pas simplement une affaire de prêt-à-porter, mais le début d’une notion ultra contemporaine : « le look ». Qui dépasse largement l’idée de style français. Il le résume lui même « le secret de l’élégance c’est d’avoir l’air soir même ». 

C’est tout sauf un déguisement ou l’accessoire social d’un sac de luxe. Audrey Hepburn qu’il habillera dans sa vie et sur les écrans, disait d’ailleurs : « Hubert de Givenchy m’a donné un look, un genre, une silhouette. Habillée par lui, je n’ai peur de rien. » Ou encore « Je suis attachée à Givenchy comme les Américaines à leur psychiatre ». Une question d’être avant le paraître qui lui fera d’ailleurs refuser de fabriquer une nouvelle Audrey Hepburn, comme lui demandent les studios hollywoodiens après qu’elle s’est retirée du cinéma. Car cette Audrey Hepburn ils l’ont inventé à deux, avec ses initiatives à elle et son écoute à lui. Et le luxe intemporel qu’ils découvrent ensemble, c’est que tout cela n’est pas très sérieux. Je me demande encore si les fans de Givenchy que sont Kanye West et Kim Kardashian l'ont vraiment compris.

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