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Olivier Py présente le Festival d'Avignon 2017

Les écrivains de théâtre veulent se faire entendre !

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Le Grand Prix de Littérature dramatique valorise le statut du texte de théâtre comme œuvre littéraire à part entière, en dehors de la mise en scène.

Olivier Py présente le Festival d'Avignon 2017
Olivier Py présente le Festival d'Avignon 2017 Crédits : Jean-Marc ZAORSKI - Getty

Il existe plus de prix que de livres. Notre pays, frénétique des récompenses littéraires, en compterait entre 2300 et 2500 d’après une enquête publiée aujourd’hui dans le Figaro : « les prix littéraires une passion française ».

Pour 567 romans parus à la rentrée, plus de 2300 prix : un ratio monstrueux ! 

Mais parmi cet exercice de style qui consiste à avoir un prix par café de Paris, par fondation, par média, par institution ou par association, il existe au moins une variante utile et singulière dont je voudrais vous parler ce matin : le Grand Prix de Littérature dramatique. Il valorise le statut du texte de théâtre comme œuvre littéraire à part entière, en dehors de la mise en scène. 

Il fut un temps où les romanciers étaient, en général et assez souvent, des dramaturges. Le cas d’Albert Camus, dont le théâtre agit comme centre créatif des autres écrits, vient immédiatement en exemple. Mais je pourrais citer ici notre camarade Aurélien Bellanger et sa pièce « 1993 » écrite pour le metteur en scène Julien Gosselin. A un moment l’écriture dramatique s’est cependant dissociée d’avantage de l’autre littérature, celle du roman. Et de manière assez concomitante, elle a un peu moins été considérée comme littéraire.

Les facteurs sont multiples : la confusion entre  les vrais textes de théâtre autonomes et les matériaux pour le plateau, ou encore la relative absence des écrivains dramatiques contemporains au répertoire des théâtre. Et puis les troupes qui existaient du temps de Molière et pour lesquelles le dramaturge écrivait, sont beaucoup présentes en France. Contrairement à l’Allemagne.

Certes, mais depuis le rapport Vinaver, dans les années 80, la situation a quand même bien évolué, illustration d’une politique culturelle bénéfique, il faut le souligner. A l’époque du rapport Vinaver, les auteurs dramatiques contemporains étaient peu montés dans les théâtres, et encore moins associés aux théâtres. Ce qui est beaucoup moins le cas aujourd’hui. 

Quant à l’édition des textes de théâtre contemporains : elle comptait alors très peu de maisons. Aujourd’hui, de L’Arche aux Solitaires Intempestifs en passant par Espaces 34, le spectre des éditeurs s’est élargi. Evolution notable : des romanciers-dramaturges, nous sommes passés le plus souvent à des metteurs en scène-dramaturges, comme Pascal Rambert ou Joël Pommerat qui ont déjà été récompensés par ce Grand Prix de Littérature dramatique.

Ce Prix, tel qu'il a été créé en 2005 par l’ARCENA (un centre qui émane du ministère de la Culture) vient simplement donner plus de considération littéraire aux œuvres des écrivains et écrivaines de théâtre. 

Cette année c’est un auteur de théâtre, mais aussi de poésie, de romans et de nouvelles, déjà entré au répertoire de le Comédie française, qui a été distingué : Jean Cagnard pour Quand la ville est sur le trottoir d’en face

Et pour le Grand Prix littéraire dramatique jeune public, un auteur qui a déjà plus d’une quarantaine de pièces à son actif, pour jeunes et pas jeunes, Fabrice Melquiot, avec Les séparables

Ces deux pièces, du toxicomane « résident » en centre spécialisé aux deux amis d’enfance que le racisme d’un lotissement sépare, ont en commun de dire le brûlant de notre monde au plus intime. Par la voix directe des personnages. Défendre cette littérature dramatique c’est aussi défendre ces voix. Les écrivains de théâtre se rassemblent d’ailleurs dès janvier en Etats Généraux, pour se faire entendre. 

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