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Françoise Nyssen le 23 août à Aix en Provence

La Culture, un Ministère Amer ?

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Le jeu de mot est rapologique, la situation beaucoup moins chantante...

Françoise Nyssen le 23 août à Aix en Provence
Françoise Nyssen le 23 août à Aix en Provence Crédits : THEO GIACOMETTI - AFP

La ministre de la Culture Françoise Nyssen s’envole aujourd’hui avec le président Emmanuel Macron en visite d’Etat au Royaume du Danemark, dans un contexte où le scandale qui la vise continue d’affaiblir son incarnation.

Un ou une ministre de la Culture fort, qui pèse dans le dialogue avec l’exécutif, c’est une condition sine qua non pour mener une politique culturelle à la hauteur des enjeux. Une condition nécessaire pour sortir des formules incantatoires : du « rempart contre la barbarie » à la lutte contre la « ségrégation culturelle » chère à Françoise Nyssen justement. Or déjà attaquée au printemps, souvenez-vous des « Nyssen sur la sellette ? » et autres « Ministre ce n’est pas la culture de Françoise Nyssen », voilà que l’été fut désastreux si ce n’est meurtrier pour la ministre.

Après les révélations du Canard Enchaîné, et la plainte déposée par l’association Sites et Monuments, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur les travaux d’agrandissement de sa maison d’édition Actes Sud. Des travaux dans un bâtiment classé Monuments historiques soupçonnés d’être illégaux et dissimulés à l’administration fiscale. Une ministre de la Culture accusée de fraude par une association de défense du Patrimoine, ça fait mal. 

Là dessus la maison d’édition a beau entreprendre des démarches de régularisation, la ministre se défendre dans les colonnes du dernier Journal du Dimanche affirmant qu’elle n’a pas songé à démissionner, l’épée de Damoclès de la règle d’exemplarité du gouvernement plane ombrageusement au-dessus de sa tête.

D’ailleurs, l’entretien s’est mu en défense de son action, car au-delà de l’affaire c’est bien d’un ministère ultra fragilisé dont il est question. « J’existe en faisant, certains existent en clamant » tonne Françoise Nyssen ou « le plan bibliothèque c’est moi qui l’ai voulu »… Mais à ce niveau de la séquence, le ministère peut bien être amère. 

On apprenait récemment par la Secrétaire générale de la CGT Culture Valérie Renault, qu’un certain nombre de postes de grands responsables étaient vacants depuis plusieurs mois, notamment au patrimoine, à la création artistique, dans les musées et aux archives. Du jamais vu au ministère de la Culture, ni dans la fonction publique. Comment l’expliquer face au chantier des réformes ? 

Et comment asseoir le pouvoir de la ministre quand des nominations de personnalités extérieures se font à Matignon ou à l’Elysée, sur des dossiers clés comme les résidences d’artistes, la francophonie ou le patrimoine ?

Tout se passe comme si, au-delà de la personne, la déréliction du ministère entamée déjà il y a une dizaine d’année s’accentuait. Après le piège de la rentabilité, où la Culture devait faire montre de son utilité par les chiffres, la voilà prise dans une spirale d’affaiblissement politique. Pourtant elle est une réponse politique. Un ministère fort qui ne multiplie pas les grands chantiers mais agit en tour de contrôle des acteurs et des réseaux locaux pourrait être une piste. Des Etats Généraux de la Culture, une voie. Mais pour répondre à la crise par la Culture, encore faut-il refonder son pouvoir au 21ème siècle.

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