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Projet du "Bouquet of Tulips" de Jeff Koons

Jeff Koons et les tulipes de la discorde, le feuilleton continue

4 min
À retrouver dans l'émission

Le « bouquet de tulipes » de Jeff Koons sera bel est bien planté, mais personne ne sait encore où…

Projet du "Bouquet of Tulips" de Jeff Koons
Projet du "Bouquet of Tulips" de Jeff Koons Crédits : Jeff Koons - Sipa

Une réunion tripartite avait lieu hier soir entre l’artiste, la ville, et la ministre de la culture mais « rien n’a été décidé » a-t-on appris vers 23h. Le suspens est à son comble. Je n’en ai évidemment pas dormi de la nuit.

Nous sommes donc accroché à la falaise (traduction de « cliffhanger »), en ce début de deuxième saison du feuilleton « Koons et les tulipes de la discorde ». 

« Dans la saison précédente », Jeff Koons l’américain a offert des fleurs à la France : un « bouquet de tulipes » de 33 tonnes sur 12 mètres pour montrer (à l’initiative de l’ancienne ambassadrice américaine) la solidarité des Etats-Unis envers son « allié » meurtri par une vague d'attentats. Un monument de souvenir et d’espoir pour les familles des victimes comme l’a déclaré Jeff Koons.

Le « cadeau » de Jeff Koons a déclenché cet hiver une controverse et – sport national - une joute de tribunes entre différentes personnalités de la sphère culturelle. 

Côté « CONTRE » : des artistes comme Christian Boltanski mais aussi le cinéaste Olivier Assayas et deux anciens ministres de la Culture, Frédéric Mitterrand et Jean-Jacques Aillagon (ayant lui même exposé Jeff Koons au Château de Versailles).

Côté « POUR » : des artistes comme Fabrice Hyber, mais aussi l’architecte Odile Deck, et l’ancienne ministre de la Culture Fleur Pellerin.

Mais au fait, pourquoi se jetait-on ces tulipes au visage ? Notamment à cause de l’emplacement de l’œuvre, imposé par l’artiste entre le musée d’Art moderne et le Palais de Tokyo à Paris. Le lieu choisi ne trouvait aucune résonance symbolique avec les attentats. Certains y voyaient même une pub indécente pour Koons et son art spéculatif. 

Il fallait en outre renforcer la dalle pour soutenir le poids de la sculpture dont l'artiste ne nous offre d’ailleurs que le dessin, la production étant à la charge de mécènes américains et français. 

Pour mémoire la France avait, elle, assumé le coût de réalisation de la statue de la liberté d'Auguste Bartholdi.

A l’issu de cette première saison, le personnage de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, entre pleinement en scène. Saison 2 ! 

Elle qualifie la polémique d’« excessive et désagréable » et dit vouloir en sortir par le haut. Jeff Koons selon elle « n'est pas arc-bouté sur la place de Tokyo ». Il faudra donc trouver un nouvel emplacement pour cette œuvre, qui est déjà produite, un lieu « populaire, visible et partagé par tout  le monde » d’après la ministre. Les discussions sont en cours...

La maire de la ville, la ministre, et l’artiste trouveront-ils un accord de principe sur ce nouveau site? S’agira-t-il du Parc de la Villette (comme des sources proches du dossier l’ont laissé entendre) ? Quelqu’un pensera-t-il à proposer le stade de France ? Ce qui aurait l’avantage de cumuler mémoire des attentats et flamme olympique pour les futurs J.0, dans un département, la Seine Saint Denis, qui ne croule pas sous les œuvres d’art. 

Enfin quelle est la places des œuvres dans l’espace public et jusqu’où va le droit moral de l’artiste ? Vous le saurez (peut-être) dans le prochaine épisode !

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