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« Avengers : Endgame », le monde clôt de Marvel

3 min
À retrouver dans l'émission

A travers les écrans se croisent deux réflexions sur les mythologies produites par la culture populaire. Là où le 22ème opus de Marvel referme l’imaginaire sur ses propres références, « Jessica forever » les utilisent pour produire de nouvelles pistes.

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Image de Jessica For Ever Crédits : Le Pacte

« Avengers : Endgame » est le 22ème film de l’usine à super héros Marvel en une décennie. Non seulement le public ne sature pas, mais il offre même à ce nouvel opus des scores historiques. 

1,2 milliards de dollars au box-office mondial le premier week-end d’exploitation, c’est du jamais vu ! Aux Etats-Unis, il s’agit du meilleur démarrage de l’histoire, et en France du meilleur démarrage de tous les temps pour un film américain… Bref on pourrait décliner encore tous ces records et sous records dans une langue des chiffres toujours promptes aux superlatifs. 

Mais si L’Histoire a une place dans cette histoire, elle se situe du côté du récit. «Avengers : Endgame » comme son nom l’indique clôt un cycle et se situe dans un univers qui assiste potentiellement à sa propre fin…

Sauf qu’en voyageant dans le temps pour remonter aux origines de la catastrophe, les supers héros vont revisiter la mythologie Marvel. Une nouvelle temporalité s’ouvre alors, et la franchise devient une méta-franchise qui se nourrit de tous les occurrences précédentes. 

Dans cet univers auto référencé, le récit se construit moins sur la nouveauté, que sur une infinité de variations et de connections possibles. Ainsi, le MCU ou « Marvel Cinematic Universe » est sauvé, il peut éternellement tourner sur lui-même. Un nouveau cycle se prépare certes, mais avec « Endgame » ou fin de partie dans la langue de Becket, le spectateur se retrouve dans un jeu clôt.

Or, la force des mythologies c’est de produire des narrations qui s’échappent. À ce titre, « Jessica For Ever » le premier long métrage de Caroline Poggi et Jonathan Vinel qui sort aujourd’hui en salle imagine un jeu de références « en monde ouvert ». 

Jessica est une super-héroïne tout droit sortie de la franchise de jeu vidéo « Metal Gear Solid ». Elle porte en elle aussi d’autres figures ancestrales du conte : la chevalière, la déesse, la mère, la magicienne. Ce que nous regardons, c’est bien cette superposition mythologique transposée dans un temps futur, Jessica y incarne la sauveuse de jeunes hommes orphelins ultra-violents et sanguinaires dont la société veut se débarrasser.

Le récit utilise alors le jeu vidéo non pas comme une mythologie de personnages, mais comme une narration digérée par le cinéma pour proposer quelque chose de nouveau ! Une façon d’être dans plusieurs réalités et donc plusieurs imaginaires à la fois. La musique de Purcell renvoie à Orange Mécanique, mais se décale. Les drones tueurs des forces spéciales rappellent la série Black Mirror tout en faisant signes aux oiseaux d’Hitchcock. Les fantômes de Last Days et Elephant de Gus Van Sant rôdent autour des plans sans jamais les avaler. 

La différence, c’est que tous ces mythes entrent dans une combinaison poétique, inédite et aléatoire. Ils parlent à l’inconscient visuel du spectateur plus qu’à ses références évidentes. La culture populaire intégrée, transformée, se projette ailleurs, plutôt que vers elle-même. Et ce n’est pas la moindre des différences dans un monde qui manque cruellement de nouveaux récits.

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