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Monia Chokri lors du 63e festival de Cannes

Et si le cinéma nous redonnait le pouvoir de la fiction ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Avec son anti super-héroïne « On ment toujours à ceux qu’on aime » cesse de confondre puissance et féminisme, charge à chacun et chacun d’inventer sa propre fiction.

Monia Chokri lors du 63e festival de Cannes
Monia Chokri lors du 63e festival de Cannes Crédits : LOIC VENANCE - AFP

Sur les écrans débarque aujourd’hui « Captain Marvel ». Puissante, cuirassée, elle crache du feu avec ses mains et sait piloter un avion de chasse…

Inspirée d’une vraie journaliste et militante américaine des années 70, Gloria Steinem, transposée dans l’univers Marvel bien sûr, ce personnage a une mission : devenir la super-héroïne féministe qui manquait à la firme après le succès de « Wonder Woman » chez son concurrent DC Comics.

Dans le même temps sort aussi sur les écrans « On ment toujours à ceux qu’on aime » de Sandrine Dumas, avec son anti super-héroïne « Jewel Stone »incarnée par Monia Chokri. 

Contrairement à Captain Marvel ses supers pouvoirs, sa coiffure impeccable et sa combi taillée pour la sortie en produit dérivé, Jewel Stone a une teinture au henné qui a un peu viré, un perf élimé, et aucuns supers pouvoirs. Enfin si, elle fait du bruit avec sa bouche quand elle mange des pâtes, elle sait allumer un feu de camp et boire du whisky au goulot. En vrai, elle a un super pouvoir caché, sa voix, mais elle a réussi à saborder sa carrière de chanteuse et sa potentielle vie de famille. Il lui reste un truc : le mensonge. 

Elle s’est inventée un succès, une vie avec Paul incarné par Jérémie Elkaïm, et même une fille « Ruby ». Lorsque sa grand mère et unique famille arrive des Etats-Unis il va falloir lui présenter une réalité conforme à celle que Jewel lui décrivait.

Jewel Stone a monté une fiction, d’ailleurs son scénario s’est écrit au fil des lettres à sa grand-mère, et cette fiction dont elle est le moteur grippé entraîne les personnages comme le spectateur dans un road trip pour les Pyrénées. C’est ça la super production de son mensonge. Il n’y a pas d’effets spéciaux, le trajet, à l’échelle du film dure presque le temps réel, toutes les petites conventions du cinéma s’effacent pour épouser le rythme sincère des participants.

A l’inverse du parti pris fictif de Marvel, mais aussi de cette idée d’associer toujours le féminisme à la puissance, la réalisatrice Sandrine Dumas, rend le pouvoir de la fiction à son héroïne, simple mortelle, et celui de la vérité au cinéma. 

Par le mensonge, qui libère un part de désirs enfouis, Jewel Stone peut faire remonter ses rêves engloutis et retrouver sa voie V.O.I E comme sa V.O.I.X.

Au fond les spectateurs et spectatrices font l’expérience d’une prise de pouvoir, un empowerment dirait-on à l’américaine : dans nos vies bercées de fictions et d’images (de la réussite, du couple, de la famille), il existe un espace pour transformer le réel et réinventer sa propre vie. A chacun de s’en saisir à une condition peut-être, rester intrépide. 

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