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Diderot et son cercle d'amis, gravure colorée, 1888

Diderot sur les écrans pour éclairer le débat

3 min
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Qu’a à nous dire "le monde de Diderot" dont parlait Rivette, aujourd’hui ?

Diderot et son cercle d'amis, gravure colorée, 1888
Diderot et son cercle d'amis, gravure colorée, 1888 Crédits : UniversalImagesGroup - Getty

"Je crois que Diderot est un auteur qui a encore beaucoup à nous dire et à nous apprendre et que c’est un homme qui dépasse son époque de façon considérable. Il y a tout dans Diderot, c’est un monde." Ces mots sont ceux du cinéaste de la Nouvelle Vague Jacques Rivette.  

Diderot, philosophe des Lumières, écrivain, critique d’art et critique  littéraire, a été peu souvent transposé au cinéma.  Une fois par le cinéaste allemand Fritz Wendhausen en 1922, puis en 1945 par Robert Bresson, et en 1965 par Jacques Rivette donc, avec son adaptation de "La Religieuse"  interdite tout court, puis interdite aux moins de 18 ans. Celle-ci ressort dans une version restaurée la semaine prochaine tandis que s’ajoute la venue sur les écrans de "Mademoiselle de  Joncquières" d’Emmanuel Mouret, adaptation inspirée cette fois d’un  autre roman de Diderot : "Jacques le fataliste et son maître".  

Alors qu’a à nous dire "le monde de Diderot" dont parlait Rivette, aujourd’hui ? 

"La Religieuse" reste une figure de la révolte d’une femme face à un  ordre structurel. Quant à Madame de Joncquières, c’est un passage ou  plutôt un conte moral qui reprend l’histoire de Mme de la Pommeraye et du marquis des Arcis telle qu’elle est racontée à Jacques et son Maître par l’hôtesse d’une auberge où ils font étape.   

Cette histoire est celle d’une jeune veuve qui cède à la cour d’un marquis  volage et qui après quelques années de passion réciproque assiste à son éloignement. Elle se venge par l’intermédiaire de Mademoiselle de Joncquières, fille d’une femme répudiée et contrainte à la prostitution. Ange déjà déchu que Mme de La Pommeraye va transformer en dévote, pour qu’elle humilie le marquis qui ne peut résister à celle qui lui résiste… 

Mais ici la vengeance n’est pas seulement celle d’une femme trahie, mais celle de toutes les femmes bafouées par des hommes, dans un cadre, un "contrat social" qui leur est défavorable. 

Film profondément féministe et égalitariste, le récit porté à l’écran est marqué par la langue, celle de Diderot et du XVIIIe siècle, où il existe  toujours une équivoque. Où cherchent à se tenir ensemble l’égalité et le  désir. Un chemin si difficile à trouver qui éclaire parfaitement nos  débats contemporains.  

L'Histoire de Mme de La Pommeraye vient justement d’être republiée en Folio par Gallimard, précédée d’un autre texte : "Sur les femmes". Car Diderot et son monde ont encore beaucoup à nous dire sur l’émancipation des femmes précisément.

Il y quelques mois reparaissait Le traité sur l'éducation des femmes de Choderlos de Laclos, auteur d’un récit miroir de Diderot et des aventures de Madame de La Pommeraye : Les liaisons dangereuses. 

Ce n’est pas un hasard. Comme le montrait Geneviève Fraisse, philosophe et historienne de la pensée féministe qui signe la préface de cette réédition, Laclos invitait les femmes à se révolter contre leur condition, tout comme il exaltait le libertinage. Façon de tracer ce grand défi qui rejoint celui de Diderot : "croiser désir et égalité".  

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