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Salle de cinéma

2018, année paradoxale pour le cinéma français

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L’année aura été aussi belle qu’inquiétante pour le cinéma français. Entre succès en salles et incertitude profonde quant à l’avenir de son financement.

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Salle de cinéma Crédits : perets - Getty

2018 reste une année marquée par de nombreux succès au box office, c’est indéniable. Dernier coup en date, les irréductibles gaulois dépassant l’incontournable "Grinch", grincheuse star de Noël avec plus d’un million et demi d’entrées contre 1 300 000. 

Globalement le public (18 millions de spectateurs en moyenne chaque mois) aura plébiscité les productions françaises dans toute leur diversité au point que certains journaux parlent d’une année historique ! Les locomotives de cette année « grand train » sont en outre deux comédies. 

"Les Tuches 3" qui aura été le plus gros succès de l’année avec plus de 5 millions d’entrées, et en sus, une résonance anticipée avec l’actualité. Dans ce troisième volet, un président sorti de nulle part s’installait à l’Elysée. Non pas Emmanuel Macron mais Jeff Tuche. Un homme dont on pourrait dire à rebours, qu’il incarne cette France dite des ronds-points rendue visible par la crise des gilets jaunes. D’ailleurs il gagne le second tour sur cette phrase assénée au président sortant « vous n’entendez plus le peuple » et organise par la suite une grève du pouvoir à l’Elysée pour protester contre la levée de boucliers que suscite son impôt spécifique sur les grandes entreprises du Cac 40. En signe de soutien, ses collaborateurs enfilent quoi ? Un gilet jaune !

Autre comédie à succès « Le Grand Bain » et ses 4 millions d’entrées. Incarnation d’une comédie à la française largement inspirée par le renouveau du genre outre atlantique, et débarrassée des stéréotypes poisseux voire fâcheux en vogue dans les grosses machines du cinéma populaire de ces dernières années.

Derrière cette vitrine, et une France moins polarisée qu’il n’y paraît, une véritable fragilité. 

L’explosion du nombre de films qui sortent en salle a réduit la longévité de leur présence. Et les rares cinémas qui peuvent, par une politique de programmation engagée, réduire les effets de turn over sont de plus en plus menacés. En témoignent à Paris le cas du cinéma La Clef fermé (puis peut-être ré-ouvert grâce à une campagne de financement participatif), ou encore les difficultés d’une salle d’Art et d’Essai comme le Saint-André des Arts.

La mondialisation numérique a quant à elle déstabilisé les diffuseurs nationaux qui étaient les premiers partenaires de financement du cinéma hexagonal. Aujourd’hui, tandis que les investissements des diffuseurs audiovisuels n’ont jamais été aussi importants dans le monde, en France ils se sont significativement réduits, ce qui est une première.

L’arrivée des plateformes de VOD type Netflix et des géants du net dans la production cinématographique bouscule le jeu et la chronologie des médias (le temps écoulé entre la sortie en salle et la diffusion sur les différents canaux). Canal a d’ailleurs stoppé net l’accord qui était en cours sur ce sujet avec les professionnels du cinéma. 

Alors 2019 s’annonce elle aussi comme historique pour le cinéma français pour repenser son système de production et de diffusion.

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