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Capture écran film Guy

"Guy", le crépuscule des idoles

3 min
À retrouver dans l'émission

Guy Jamet n’existe pas. C’est presque écrit dans son nom. Mais avec ce personnage de faux chanteur ringard inventé par Alex Lutz se dessine un espace pour observer notre pacte avec les idoles.

Capture écran film Guy
Capture écran film Guy

Tandis que la fabrique à icônes tourne à plein régime, imaginez une ancienne gloire de la chanson, un rival oublié de Clo Clo, un visage sur une photo de Salut les copains …

Il n’a pas besoin d’exister, il tient déjà une place dans notre imaginaire. Il est ce joli garçon sur un vinyle de brocante, cette image d’archive au piano dans une émission de variété, ce type qui se relance dans les années 80 avec un look pas possible, ce crooner d’un tube ou de trois qui continue d’écumer les salles, cette petite légende qu’on continue d’inviter dans les émission pour "scorer" chez les ménagères avec en sus un portrait spécial ringard concocté par une chroniqueuse garante de l’impertinence.

Dans ce faux documentaire sur une ancienne idole fictive, avec une musique fictive, c’est nous au fond que nous regardons. Un pacte de la célébrité entre l’artiste qui peut déverser des banalités en promo devant un public habitué à s’y intéresser, et ce même artiste qui consent à écouter les banalités de ses fans dans la rue. 

Comme il n’y a pas de justice à rendre à une personnalité réelle ou à une trajectoire artistique existante, on comprend d’autant mieux les mécanismes de ce que nous nous attendons de voir. Ou qu’on a un jour supposé que nous voudrions voir.

Ce vieux beau et sa femme plus jeune et stupide forcément. Cette star qui vit et qui souffre comme tout le monde. Ou ce répertoire qui n’a même pas besoin d’avoir été joué un jour réellement parce qu’il ressemble à mille chansons : un accord tacite entre le public qui cherche toujours une vague foi en l’amour, et un chanteur X qui veut lui donner.

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Dans « Guy » écrit et interprété par Alex Lutz, le chanteur fictif se rebelle contre son portrait. Et plus qu’un cousin de Dorian Gray qui aurait vieilli à l’écran pour préserver son auteur du temps qui lui passera dessus un jour, il y a dans « Guy » des clefs pour troubler notre rapport insidieusement normé aux idoles et aux chapelles de goût.

A l’heure où grandes figures et destins oubliés, au cinéma comme en littérature, peuplent toujours plus nos imaginaires à chaque sortie en salle, et chaque rentrée littéraire, c’est un déconditionnement salutaire. 

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8H50
3 min
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Saint-Herblain ou la fièvre des dimanches et samedis soirs
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