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Taron Egerton dans le biopice Rocketman

"Rocketman", peut-on réussir son propre biopic ?

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Après l’immense succès du très convenu biopic "Bohemian Rapshody" sur le chanteur de Queen, c’est au tour d’une autre icône anglaise de la pop d’avoir droit à son clip hagiographique : Elton John. Avantage sur Freddie Mercury, il est toujours vivant…

Taron Egerton dans le biopice Rocketman
Taron Egerton dans le biopice Rocketman Crédits : Walt Disney France

"I’m still standing better than I ever did feeling like a true survivor, feeling like a little kid" eh oui je suis toujours là /je me sens comme un vrai survivant/ je me sens comme un petit enfant. La chanson date de 1983 et le message est celui qu’Elton John a bien l’intention d’envoyer en 2019. Monument kitch et lycra, le clip tourné à l’époque sur la croisette a valu au chanteur une invitation pour présenter son biopic Rocketman hors compétition au dernier Festival de Cannes. 

Ambiance lunettes roses, la star aux 300 millions de disques vendus dans le monde était venue apporter la touche pop qui fait toujours plaisir aux festivaliers, à l’office du tourisme et aux petits commerçants. Mais sur le plan du cinéma, que vaut ce Rocketman ?

Il se positionne à la fois dans le sillage de Bohemian Rapshody, c’est d’ailleurs le même réalisateur Dexter Fletcher qui est aux commandes, celui qui a fini le film sur Freddy Mercury après le départ de Bryan Singer, et en même temps Rocketman se veut un anti Bohemian Rapshody au sens où il est beaucoup moins édulcoré.

Et Elton John a non seulement son mot à dire, mais il est producteur exécutif du film. Seulement peut-on vraiment réussir son propre biopic ?

En l’espèce, Elton John a voulu je cite que "le film dise toute la vérité". Sans mentir sur cette vie de drogue, de sexe et d’alcool. Vous savez, celle qui, dans tous les biopics, finit toujours par briser les grands artistes, victimes de leur succès, icônes sacrifiées sur l’autel de la gloire à qui ils payent une si chère rançon… Et patati et patata.

Pour l’originalité, il faudra repasser. Difficile d’en attendre plus quand dans le dossier presse, Elton John précise son ambition : "Ce que je voulais transmettre à travers le film, c'est le prix exorbitant de la célébrité et le sentiment de solitude qu'on peut ressentir"…

Alors oui Rocketman contrairement à Bohemian Rapshody aborde l’homosexualité de manière beaucoup plus directe, avec des scènes explicites quoique encore un peu timides. On ne lésine pas non plus sur les plans volontairement avilissants où la star, de désespoir car mal-aimé par ses parents, et instrumentalisé par un méchant manager pervers narcissique, abuse de cocaïne, d’alcool, de cachets, de glaces, de sexe et de tout ce qui pourra combler son grand vide… Il est d’ailleurs présenté dès le début du film - et c’est son meilleur parti pris - en costume de scène cornu et pailleté débarquant dans un centre de désintoxication.

"Certains studios voulaient atténuer le sexe et les drogues afin que le film puisse avoir l'autorisation tous publics. Mais, je n'ai pas eu une vie tout public" a écrit Elton John dans une tribune sortie à point nommé dans le Guardian.

Si le produit final est certes moins aseptisé que Bohemian Rapshody et plus fantasmagorique, avec ses grands tableaux musicaux façon Bollywood, et ses échappées surréalistes, le film reste avant tout un long clip promotionnel. Entérinant le statut du biopic musical comme machine à relancer les ventes d’albums. Problème : Elton John n’a pas la puissance artistique et subversive de Freddy Mercury. Le biopic est moins raté, mais la musique est moins bonne.

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