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Bilal Hassani le 28 janvier 2019 à Paris

Bilal Hassani tient ferme sa couronne

4 min
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A 19 ans, et en un temps record, le candidat de la France à l’Eurovision est parvenu à mener la meilleure des campagnes contre le cyber harcèlement, la haine, et les infox.

Bilal Hassani le 28 janvier 2019 à Paris
Bilal Hassani le 28 janvier 2019 à Paris Crédits : THOMAS SAMSON / AFP - AFP

Qu’il s’adresse directement à ses 800 000 abonnés sur sa chaîne Youtube arborant l’une de ses perruques fétiches (auxquelles il a toutes donné un nom), ou qu’il intervienne dans les médias avec sa simple bouille d’ado : à 19 ans, et en un temps record, Bilal Hassani est parvenu à mener la meilleure des campagnes contre le cyber harcèlement, la haine, et les infox.

Il faut dire que sa simple existence, « un arabe en perruque » comme il le dit lui même, a concentré la rage d’extrémistes de tous bords. Bilal Hassani comme le révélateur d’une union des trolls, dont la violence s’est démultipliée lorsqu’il a été choisi, ce samedi, grâce au vote du public, comme représentant de la France à l’Eurovision avec sa chanson « Roi ».

Une vague hallucinantes d’attaques racistes, homophobes et transphobes,  une dizaine d’insultes par minute, ainsi que des appels au meurtre je cite « Bilal Hassani nous fait honte en nous représentant ce pd, il mérite de mourir, on va le retrouver cette tafiole » l’ont poussé hier à porter plainte contre X pour « injures, provocation à la haine et à la violence et menaces homophobes » comme l’a annoncé son avocat. Une plainte soutenue par les associations Stop homophobie, Mousse et Urgence homophobie, qui ont précisé qu’aucun de ces propos ne resteraient impunis. La loi prévoit jusqu'à 6 ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

Par cette action, ses vidéos, ses chansons, le récit de son harcèlement au collège, ou son discours le soir de sa victoire, Bilal Hassani tient toujours ferme sa couronne…

Détournant une vidéo où il se plaint, en tant que français né de parents marocains, de devoir répondre je cite « très très très très très très très très très souvent » à cette question : « t’es de quelle origine ? », un site d’extrême droite tentait hier encore d’agiter une fausse nouvelle. Le porte drapeau de la France à l’Eurovision se dirait plus marocain que français... Après un démontage de l’infox par l’AFP, Bilal Hassani reprend le correctif sur Twitter , avec sa verve décapante « j’ai déjà des fake news sur moi this is fun ! »

Au moment où le ministère de l’éducation lance une campagne contre l’homophobie et la transphobie pour que la honte change de camp, Bilal invente sa façon de descendre dans l’arène. Comme lorsque le 13 novembre dernier, 3 ans après les attentats, il avait réagi sur sa chaîne Youtube à une première vague d’attaques en ligne qui commentaient la vidéo de l’un de ses concerts… 

Partageant son expérience, taclant le narcissisme réputationnel des haters et mobilisant contre le laxisme de Twitter, Bilal Hassani vise juste. Avec lui cette hideuse ruse qui permet aux pourvoyeurs de haine de se faire passer pour de nouveaux transgressifs éclairés ne prend pas ! Le droit effectif à la différence n’est pas un concept c’est une réalité sensible, drôle, franche, et fraîche. 

Chroniques

8H50
4 min

La Conclusion

L’histoire est écrite par ceux qui enregistrent un A voix nue
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