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"Bohemian Rhapsody"

"Bohemian Rhapsody", faut-il en finir avec les biopics ?

3 min
À retrouver dans l'émission

A voir "Bohemian Rhapsody", séance de spiritisme commercial consacrée à Freddy Mercury, leader infiniment inspirant et complexe du légendaire groupe « Queen », l’envie d’en finir définitivement avec les biopics s’impose.

"Bohemian Rhapsody"
"Bohemian Rhapsody" Crédits : Twentieth Century Fox

A la fin des années 60, les films des grands studios hollywoodiens ressemblaient à une plaque de faux marbre fissurée de l’intérieur, laissant parfois s’échapper quelques perles déviantes. Avec « Bohemian Rhapsody » c’est un peu à la chute de l’empire du biopic que l’on assiste, la décadence en moins.

Toutes les caractéristiques éculées du genre, à savoir le récit romancé de la vie d’un artiste ou d’une personnalité, sont réunies ici, en jouant sur des cordes épaisses comme des troncs. 

Le pauvre garçon d’origine perse qui trie les bagages sur le tarmac de l’aéroport d’Heathrow sera embauché dans le groupe, à la faveur d’un a capella scotchant sur parking après un concert. Tant pis pour la formation musicale de Freddy Mercury, ses années de piano et de chant, ses pérégrinations dans d’autres groupes avant de suivre celui-ci. C’est bien connu les grands artistes se réveillent un matin les mains sur un piano, traversent la rue et trouvent une place dans un groupe. 

Ensuite il suffit de reprendre la trame de n’importe quel biopic musical : les premiers concerts, le premier enregistrement studio avec le type d’une maison de disque qui vous repère à travers la vitre, premiers succès au hit parade, tournées, coulisses de la naissance d’un chef-d’œuvre, en l’occurrence l’album « A night at the opera », affrontement avec le vilain producteur qui veut tout formater, tourments sentimentaux, solitude du génie emporté par la débauche et les manipulations d’un entourage toxique, conférence de presse chaotique, renaissance du collectif après les velléité solo d’un leader égotique, jusqu’à l’ultime triomphe du groupe devant la foule. Le tout ponctué de chansons pour séquencer chaque chapitre, et trempé progressivement du spectre tragique de la maladie, ici le SIDA,  et de la mort. Sans oublier, la sacro-sainte performance d’acteur confondante de ressemblance, ici celle, exceptionnelle, de Rami Malek.

Oui « Bohemian Rhapsody » est un produit dérivé conçu pour vendre du best-of. Il est à l’image de ce que le vilain producteur réclame à un moment au groupe : une recette. Et Queen groupe de rock aussi jubilatoire soit-il, n’est rien sans Freddy Mercury, comme le film n’est rien sans Rami Malek. 

Mais ce biopic, énième avatar d’un genre dégénérescent, manque surtout une occasion d’explorer la force créatrice de Freddy Mercury. Il ne s’attarde pas sur la puissance d’un « Under Pressure » duo avec Bowie, génie en miroir. La comédie musicale, le cabaret, l’opéra, la performance jusque dans l’Eden punk de ses fêtes, deviennent de vagues ingrédients de cette recette alors qu’il en sont l’essence. Ne reste-t-il alors qu’à refaire un biopic ?

Chroniques
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3 min
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