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La frise du Parthénon, au British Museum

Les marbres du Parthénon emportés loin du Parthénon, un « acte créatif »?

4 min
À retrouver dans l'émission

Nouvelles controverses entre la Grèce et le Royaume-Uni sur la bataille de la restitution des frises du Parthénon.

La frise du Parthénon, au British Museum
La frise du Parthénon, au British Museum Crédits : Wikipédia, libre de droits

Imaginez que j’emporte ce Thermos, le votre Guillaume, pour le mettre chez moi. Imaginez ensuite que vous me le réclamiez et que je vous réponde que sortir ce Thermos de son environnement habituel, ce studio de radio, pour le mettre sur une de mes étagères, constitue avant tout un « acte créatif ».

C’est ce qui vient de se passer, entre la Grèce (vous dans cette parabole) et le Royaume-Uni (moi). Quant au Thermos ce sont les marbres du Parthénon (frise, fronton et plaques sculptées) qui ont été saisis dans l’acropole athénienne par Lord Elgin au début du 19ème siècle, puis vendus par le même Lord au British Museum.

Ces marbres, dont le patrimoine grec est privé voir amputé, font l’objet d’une bataille diplomatique depuis des années. Le feuilleton « les marbres du Parthénon » n’existe pas encore sur Netflix mais ça devrait arriver un jour. 

Dans l’épisode précédant, après l’annonce du Brexit, le gouvernement grec a fait une demande de rapatriement auprès de la Commission Européenne qui a été refusée. Même si l’Unesco s’est déjà prononcée fermement pour la restitution, la décision revient au Royaume-Unis qui reste campé sur son NO.

Longtemps le British Museum a prétendu garder les frises du Parthénon parce que les Grecs n’avaient pas la capacité de conserver décemment ces trésors du patrimoine de l'humanité, depuis l’ouverture de l’ultra moderne musée de l’Acropole en 2009, l’argument était donc caduc. En voici un nouveau…

Interrogé il y a quelques jours par le quotidien grec Ta Nea sur sa position quant à un éventuel retour des marbres du Parthénon à Athènes, le directeur du British Museum, Hartwig Fischer, a répondu qu’il en était hors de question. Son argumentaire est le suivant : détachés du Parthénon et exposés au musée Britannique, les marbres sont placés dans un nouveau contexte donc une nouvelle approche. Le déplacement de cet héritage culturel constitue donc « un acte créatif ».

Pour aller au bout du raisonnement, l’idée c’est qu’une fois découpés du Parthénon, c’est à dire de leur environnement originel, ces marbres, même s’ils rejoignaient l’Acropolis Museum comme le souhaite la Grèce, seront de toute façon transformés puisque sortis de leur contexte stricto sensu. Tant qu’à faire autant proposer un déplacement créatif jusuqu’à Londres?

« Que peut-il y avoir de créatif dans la destruction du temple et le pillage d'une des nations clés de l'histoire antique » a twitté George Vars, secrétaire général de l'Association Internationale pour la réunification des statues du Parthénon, « la condescendance du British Museum ne connaît aucune limite». Pour la ministre de la culture Grecque, Myrsini Zorba, « ces remarques dégradent un héritage culturel d'une valeur universelle inestimable ».

Comme l’a reformulé l’un des portes-parole du musée pour tenter de calmer la polémique déclenchée par l’interview de son directeur : « Nous pensons qu'il est extrêmement bénéfique pour le public d'être capable de voir ces merveilleux objets dans un le contexte d'une collection mondiale. Le musée emprunte régulièrement des œuvres partout dans le monde, parfois à long terme, mais pas indéfiniment ». Pas sûr que l’objectif de l’apaisement soit atteint. Et dans le cas des frises du Parthénon, l’emprunt semble éternel, sauf modification exceptionnelle de la loi britannique comme c’est à l’étude en France pour la restitution de certaines œuvres emportées à l’époque coloniale.

Bien sûr, l’idée que le œuvres doivent circuler et s’enrichir de contextes scénographiques et culturels différents reste essentielle. Mais pourquoi ces marbres ne circuleraient-ils pas vers leurs pays d’origine ? Avant de repartir pour d’autres musées, une fois restitués et exposés chez eux ? En outre, selon un sondage du Times, les britanniques ne sont que 25% à vouloir que les marbres restent à Londres. La provocation du directeur du British Museum sera-t-elle celle de trop ? Vous le saurez au prochain épisode. 

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