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Caméra à la main, le cinéaste Jean-Luc Godard filme une manifestation en mai 1968 à Paris

La quinzaine des réalisateurs : naissance d'une utopie

3 min
À retrouver dans l'émission

Revivre cette naissance plutôt que de la commémorer, c’est ce que propose la cinémathèque française avec la programmation fac-similé de la première « Quinzaine des réalisateurs » en 1969.

Caméra à la main, le cinéaste Jean-Luc Godard filme une manifestation en mai 1968 à Paris
Caméra à la main, le cinéaste Jean-Luc Godard filme une manifestation en mai 1968 à Paris Crédits : AFP - AFP

La quinzaine est la conséquence directe de mai 68 et de la mise à l’arrêt du festival de Cannes dont il n’était pas question en 68 qu’il se déroule comme d’habitude. Souvenez-vous de la répartie de Jean-Luc Godard : «  je vous parle solidarité avec les étudiants et les ouvriers, et vous me parlez travelling et gros plans. Vous êtes des cons ! »

Non, pas comme d’habitude et plus jamais comme avant. C’est de cet élan-là que naît la « Quinzaine des réalisateurs », un an plus tard, sous l’impulsion de la Société des Réalisateurs de Films, créée dans la foulée des « événements » de mai 68 (comme on disait à l’époque). Costa-Gavras, un des premiers signataires, raconte dans le livre de Bruno Icher, consacré aux jeunes années de la quinzaine, « tous œuvraient pour qu’il existe autre chose que ce nous que nous avions connu auparavant ». 

Plutôt que de commémorer Mai 68, ce qui est intéressant, comme avec tous les événements historiques, c’est de comprendre comment advient ce temps du changement, de déceler ce qu’il y a en germe du monde tel que nous le connaissons aujourd’hui, et voir ce qui résiste aussi, à ce qui apparaît désormais comme une évidence.

Pour comprendre donc, pourquoi ne pas revivre cette première « quinzaine des réalisateurs »? Replonger, comme le propose la cinémathèque, dans ce bain de 65 films proposés alors sans jury, et programmés par un jeune cinéphile de 26 ans Pierre-Henri Deleau. Un étudiant en philo qui avait son cinéclub à Lille, et qui servit un temps de chauffeur à Henri Langlois, le patron de la cinémathèque, par qui tout a commencé. C’était l’étincelle de mai, le 9 février 1968, lorsqu’une vague de protestations des Godard, Truffaut, Rivette, ou Resnais, se lève contre le limogeage du fondateur de la cinémathèque.

Revivre l’utopie des 65 films de cette première quinzaine accordée en marge du festival, qu’on avait un temps voulu refonder de l’intérieur, c’est aussi se souvenir qu’à l’époque Robert Favre Lebret délégué général du Festival, refuse de faire évoluer les règles mais craint une nouvelle annulation donc consent à une sélection parallèle. Il faut se rappeler ses mots : « Veut-on que Cannes devienne un second Hyères où seuls se délectent, dans des confrontations qui n’ont pas le moindre rayonnement international, quelques exégètes et cinéphiles avertis ou faisant semblant de l’être » ? Ses mots qui pourraient encore être prononcés aujourd’hui. Revivre cette quinzaine c’est ne pas oublier que les critiques français à l’époque n’y mettent pas les pieds. 

Enfin et surtout revivre cette première quinzaine, c’est sentir à nouveau un souffle. Une programmation manifeste des « nouveaux cinéma », une insurrection filmique mondiale baptisée alors « Cinéma en liberté ». Il faut mettre en image le monde tel qu’il change, fédérer une internationale des cinéastes d’Argentine, de Cuba, du Québec, d’Italie, de Tchécoslovaquie, du Japon, des Etats-Unis ou de France, comme avec le « Calcutta » de Louis Malle ou la présentation du premier film de Philippe Garrel « Le lit de la vierge » . 

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