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Polnareff enfin en liberté ?

4 min
À retrouver dans l'émission

28 ans après Kama-Sûtra paraît le bien nommé « Enfin » ! Sur la pochette il y un vieux cadenas avec une clef. Et détail important, le cadenas est ouvert. Mais où Michel Polnareff était-il enfermé ?

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Le dernier album de Michel Polnareff est sorti en 1990, juste après la chute du mur de Berlin, au moment de l’arrivée de la techno. Il n’y avait pas encore d’Eurodance, ni de modem 56K pour aller sur le web, pas encore de smartphones ni de réseaux sociaux, le rap n’était pas devenu la nouvelle variété française. 

28 ans après Kama-Sûtra paraît donc le bien nommé « Enfin ! ». Parce que « coucou me revoilou » c’était déjà pris et par Michel Polnareff lui même depuis 1978. Sur la pochette il y un vieux cadenas avec une clef. Et détail important, le cadenas est ouvert. Mais où Michel Polnareff était-il enfermé ? 

Il avait bien fait trois projets « live » dont une tournée triomphale en 2007 « Ze re Tour », mais aucun nouvel album. Michel Polnareff était peut-être enfermé dans lui même, dans son double « icônifié ». 

Ce nouvel album c’était un peu l’arlésienne ou Pierre et le loup, il allait toujours finir par arriver, mais quand ? Après avoir épuisé différents labels, différents musiciens, directeurs artistiques, arrangeurs, ingénieurs du sons et studios, voici cet ovni. Et comme dans « Phantom » ce titre inaugural de 10mn54, Michel Polnareff semble être ce fantôme qui s’est échappé de l’opéra. 

Il revient trois décennies plus tard, comme après une phase de cryogénisation musicale. La disco d’Earth Wind and Fire, l’opéra pop d’Elton John, et même quelques notes un peu Garage accompagnent la dramaturgie de cette renaissance. 

Débauche de cordes, piano aventurier, trompettes pastorales, flûtes ushuaïesques, clapotis électroniques et même tonnerre de guitares, couvrent au loin les sirènes ambulancières de sa vilaine embolie pulmonaire. A moins que ce ne soit des sirènes du genre pompier et totalement démesuré auquel Polnareff s’adonne. Mais bref, le revoilà. 

Et il n’en a rien faire des modes ni des formats. Il débarque en punk d’un mauvais goût toujours soigneusement orchestré, les collaborations avec Hans Zimmer et Michel Colombier ne sont pas loin. 

Et quitte à voir la variété des années 80 revenir en force autant proposer la sienne. En mode « genuine ». Authentique french variétoche. Mais sans se prendre au sérieux. Le brillant mélodiste transforme son piano en comptoir pour y faire des blagues. 

Polnareff fait n’importe quoi. Rigoler avec son fils sur Luka’s song, slamer des histoires de geisha à Fukuoka, reprendre Ophélie Flagrant Délits façon musique de dessin animé carré rose, ou encore lancer un appel écolo kitch ! 

Tout en aigu, Polnareff escalade la montagne du cynisme, les cheveux blonds lissés, les pointes colorées de rouge, il pousse un cri sincère et baroque. Enfin libre ! 

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