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Jay-Z en concert à Virgina Beach le 27 avril 2019

Jay-Z premier milliardaire du rap

5 min
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Jay-Z n’est pas un business man, c’est LE business man : un nouveau statut de l’artiste se définit et avec lui un nouveau « role model » comme disent les américains, c’est à dire un nouveau modèle d’inspiration, et d’aspiration…

Jay-Z en concert à Virgina Beach le 27 avril 2019
Jay-Z en concert à Virgina Beach le 27 avril 2019 Crédits : Brian Ach - AFP

C’est une première historique, après un nouveau décompte du magazine américain « Forbes » (spécialiste des gros sous), l’information est sortie cette semaine : Jay-Z devient le premier milliardaire du rap. Le premier de cette musique venue du ghetto, à rejoindre le petit club des milliardaires de la pop culture. 

La nouvelle dépasse largement le registre des classements. Jay-Z plus riche qu’Elton John ou Madonna, mais moins que George Lucas ou Steven Spielberg, telle n’est pas la question, c’est un nouveau statut de l’artiste qui se définit et avec lui un nouveau « role model » comme disent les américains, c’est à dire un nouveau modèle d’inspiration, et d’aspiration…

Car la fortune de Jay-Z ne provient pas tant de ses ventes de disques que de la diversification de ses activités et de son patrimoine. Sa musique occupe même une part mineure dans ce décompte. Si son catalogue musical est estimé à 75 millions de dollars, Jay-Z pèse aussi 220 millions grâce à ses actions dans une marque de Champagne, 100 millions grâce à son propre cognac, 100 millions grâce à sa plateforme musicale Tidal. C’est sur celle-ci que sortent d’ailleurs aujourd’hui, en exclusivité, des originaux de Prince composés pour d’autres artistes. Un coup négocié de longue date par Jay-Z qui est aussi curateur de l’album. À la presse il déclarait que Prince était un des artistes les plus courageux de l’industrie, et qu’il était fier de transmettre son héritage en tant qu’« organisation dédiée à l’empowerment des artistes ».  C´est ainsi que Jay Z définit son business. Attention, publicitaire hors pair.

Jay-Z n’est pas un business man, c’est LE business man, comme il le chantait dans ce remix d’un titre d’un autre rappeur qui ne vend pas que des disques, Kanye West.

« J’ai vendu des kilos de cocaïne / Je pense que je suis capable de vendre des disques/ je ne suis pas un business man / je suis Le businessman ». L’ex dealer élevé au sein d’une famille pauvre et monoparentale dans un HLM de Brooklyn, est devenu rappeur, et il a réussi grâce à ses talents d’entrepreneur et la diversification de ses activités. Tout commence avec son premier album Reasonable Doubt, produit par son propre label Roc-A-Fella Records. Voilà la légende de l’artiste. 

Succédant à deux grands paradigmes, celui de l’artiste maudit qui vaut de l’or après sa mort, et celui du la star mondiale qui vit de son talent et de ses royalties, le créateur/entrepreneur est le nouveau modèle. 

Cette semaine Rihanna était aussi classée plus riche chanteuse au monde, principalement grâce à sa musique mais aussi sa ligne de cosmétique, et récemment en devenant la première femme noire à diriger une ligne dans une grande maison de luxe. Quant aux rappeurs de la cité des Tarterêts, PNL, qui sont maintenant parmi les 100 artistes les plus populaires au monde, ils ont inauguré leur boutique à Paris en plein week-end des européennes et c’était l’émeute pour des briquets à 40 euros, et des survêtements à 150 euros. 

L’artiste chef d’une entreprise diversifiée, ce n’est pas nouveau, déjà Dr Dre était devenu le rappeur le plus riche du monde en revendant sa ligne de casque audio à Apple, et au 19ème siècle les Van Gogh, toutes proportions gardées, faisait du business en revendant des estampes japonaises !

Mais ce qui est marquant, et particulièrement dans le cas des rappeurs, c’est cette alliance entre les discours de revendication du ghetto et la puissance capitaliste. Plutôt que de s’annuler, la combinaison de ces forces devient un modèle d’indépendance et de réussite, dont on s’achète une part en buvant un cognac de Jay-Z, ou en portant une casquette de PNL. La revanche, de l’argent et de la puissance, fait partie du rêve, ce qui stimule la volonté d’émancipation et l’esprit d'entreprise, mais restreint aussi fortement l’horizon imaginaire.

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