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Les nymphéas de Claude Monet

Sans Clemenceau les Nymphéas de Monet auraient-ils existés?

4 min
À retrouver dans l'émission

Au lendemain de l’Armistice savez-vous la première chose que fait Clemenceau ? Il part pour Giverny rendre visite à Monet.

Les nymphéas de Claude Monet
Les nymphéas de Claude Monet

« Mon pauvre vieux maboul » c’est ainsi que Georges Clemenceau s’adresse à son ami Claude Monet dans l’une de ses nombreuses lettres. "Clemenceau dans le jardin de Monet" un documentaire réalisé par François Prodromidès et diffusé sur ARTE ce dimanche 11 novembre retrace l’amitié, l’intimité croissante, l'admiration mutuelle qui se tissèrent entre « le Tigre » et le peintre tout au long de leur vie.

Avant le début de la guerre celui que le « père la Victoire » surnomme « l’ange bleu » s’est mis en tête de peindre de « grandes décorations » comme il les appelle, ces nymphéas, qu’il veut offrir à la France.

Depuis 1890 les deux hommes se sont rapprochés, ils sont unis par des combats communs pour L’Olympia de Manet comme pour le capitaine Dreyfus. Ils partagent une radicalité politique et artistique. Révolution contre l’académisme de la peinture et révolution républicaine. Ils sont l’un et l’autre des « intransigeants ».

Mais là où l’intransigeance de Clemenceau le conduit à gagner la guerre et perdre la paix, son obstination à défendre le projet fou de son vieil ami, donne naissance à une œuvre qui enjambe le siècle pour ouvrir directement les portes de l’expressionnisme abstrait au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Cette œuvre ce sont les nymphéas. Monet s’emploie à peindre ce qui ne s’appelle pas encore une installation, ni un environnement. Il couvre de grands panneaux de ces fleurs et de ces plans d’eau qui font perdre pied. Il est fatigué, mais ces « recherches d’art » comme il les appelle il s’y cramponne pendant la guerre, dans un Giverny tout autour déserté…

Au lendemain de la première guerre mondiale, Clemenceau n’aura de cesse d’encourager son ami à finir. Aller au bout de ce projet qui n’est pas une commande mais un don à la nation, un « musée pour l’homme du futur » comme le définissait leur ami commun Gustave Geoffroy, critique d’art à « La Justice » le journal de Clemenceau. « Avec un homme qui meurt de rage devant sa peinture il y a de l’espoir » écrit Clemenceau à Monet.

Monet va pourtant songer à renoncer, comment peindre une couleur entrain de fuir écrit-il? Clemenceau fâché, lui dit garder son admiration pour le peintre mais lui retirer son amitié. La brouille est passagère. Monet ira jusqu’au bout, ou presque, si la mort ne l’avait pas empêché d’achever totalement son entreprise. Clemenceau qui s’est battu pour trouver un musée au cœur de la ville pour que l’art de Monet soit un refuge dans l’espace public, verra les deux sales ovales en ellipse (signe de l’infini) s’ouvrir à L'Orangerie sans son ami, en 1927, un an après la mort de Monet. Mais peu de gens s’y précipitent… 

La modernité de l’époque est au cubisme et au surréalisme, il est trop tôt pour comprendre que ces nymphéas ne sont pas le dernier souffle de l’impressionnisme mais le nouveau souffle de la seconde moitié du XXème siècle. Ironie de l’histoire, un des panneaux sera troué d’un obus pendant la seconde guerre mondiale, mais les nymphéas survivent et avec eux la puissance du combat artistique sur le politique.
 

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