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Kevin Hart

Les Oscars, enfin une cérémonie sans maître?

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Suite et fin de la polémique. Le 24 février prochain, pour la plus importante nuit du cinéma à Hollywood, et pour la première fois depuis 30 ans, la cérémonie des Oscars ne sera pas présentée.

Kevin Hart
Kevin Hart Crédits : Paula Lobo / Contributeur - Getty

Différentes personnalités se succèderont sur scène ainsi que les traditionnels remettants, mais aucun ou aucune MC n’assurera le fil rouge de la soirée. Il faudra donc se passer du fameux discours d’ouverture de l’hôte, qui donne parfois lieu des moments de grâce, comme à de pénibles exercices de subversion contrôlée. 

L’information est d’une gravité relative je vous l’accorde… Mais si elle provoque un certain retentissement, c’est qu’elle clôture en coup de théâtre une polémique qui dure depuis plusieurs mois. 

Reprenons. L’acteur afro-américain Kevin Hart avait été choisi pour le rôle, outre son talent, il envoyait un signal de renouvellement dans une cérémonie décriée pour son manque de diversité. Mais ses sorties stigmatisant l’homosexualité en 2015, l’ont conduit à renoncer. 

Il a été question de faire des excuses, ce qu’il a refusé dans un premier temps, faisant valoir le droit d’avoir mûri et évolué dans ses positions. Avant de publier ce message : « J'ai choisi de me retirer des Oscars. Parce que je ne veux pas être une distraction lors d'une soirée qui devrait célébrer tant d'artistes fabuleusement talentueux. Je m'excuse sincèrement auprès de la communauté LGBTQ pour le manque d'égard de mes remarques passées. » 

Au pays du spectacle, c’est la grande prêtresse des talk show, Ellen DeGeneres, ouvertement gay, qui a tenté de le réhabiliter. Je la cite : « Qu'importe ce qui se passe sur Internet, ne faites pas attention à eux. C'est un petit groupe de gens qui crient très fort. Nous sommes un grand groupe de gens qui vous aiment et veulent que vous présentiez les Oscars ». 

Exhumation de déclarations passées, orage dans la réseau-sphère, déchaînement d’attaques, et arbitrage de figures médiatiques jugées « légitimes » pour prendre position : bref une polémique comme le 21ème siècle en produit désormais à la chaîne. Chacune avec leurs nuances et leurs degrés mais toutes avec le même canevas. 

Fin du suspens, Kevin Hart n’a pas fait son retour, et personne n’a pu le remplacer. Les critères exigés par la chaîne ABC confinant à la fois au ridicule et à l’absurde. Il fallait être consensuel, n’avoir jamais offensé personne, éviter les prises de positions politiques, être populaire chez les jeunes (qui se détournent de la cérémonie) et ne pas travailler pour une chaîne rivale (exit donc les Stephen Colbert et autres Jimmy Fallon). 

De toute façon, même pour le candidat ou la candidate idéal.e, difficile de ne pas risquer de trébucher sur une mauvaise blague, ou de ne pas tromper en annonçant un gagnant, comme s’est déjà arrivé, bref « qui a envie de tout risquer pour une chance de ne rien gagner ? » comme le résumait un sketch du show satirique « Saturday Night Live ». 

Sans présentateur et raccourcie dans sa durée, la cérémonie des Oscars aura probablement plus de succès que l’année dernière – soit son plus bas niveau d’audience historique… Et l’interminable « remise de diplômes artistiques » s’en trouvera peut-être même renouvelée. Mais que dire de l’avenir des échanges en milieu ulcéré ? 

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