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Apprendre le français

Francophonisons le français

3 min
À retrouver dans l'émission

Si Louis XIV affirmait « L’ État c’est moi » , la France ne peut plus dire « le français c’est moi ».

Apprendre le français
Apprendre le français Crédits : PhotoAlto/Anne-Sophie Bost - Getty

«Mon pays c'est la langue française» disait Charles Aznavour, et « La langue française est ma patrie » disait Albert Camus. En somme : ce qui compte c’est l’espace de la langue et pas son territoire originel. 

Mais quelles sont les frontières de cet espace ? C’est l’un des enjeux du 17ème Sommet de la Francophonie à Erevan, la capitale arménienne, qui rendait hier hommage à son « prince du peuple » Charles Aznavour.

D’ici 30 ans, le pays de la langue française comptera 3 fois plus de francophones. « Le français n’a jamais été aussi parlé (220 millions de locuteurs), jamais autant écrit (des millions de pages sur la Toile), jamais autant appris (100 millions d'apprenants). Ce qui signifie que cette langue est mondiale, qu'elle est vivante, mais aussi qu'elle est diverse », comme le souligne le linguiste Bernard Cerquiglini dans les colonnes numériques du Huffington Post.

Partant de là, les frontières de l’espace de la langue française évoluent mais aussi la façon dont nous envisageons le rapport du français avec sa mondialité et sa modernité. 

Un français qui n’est plus centralisé en France, mais qui résonne en archipels, c’est l’ambition affichée par le président Emmanuel Macron. Mais comment cela se traduit-il dans la langue elle-même ? A l’image de cette chanson  « for me formidable » d’Aznavour, la langue se renouvelle dans un jeu, et se modifie aux contacts de nouvelles réalités. Plus le pays de la langue française est peuplé, plus elles sont nombreuses et variées. 

Et si dans l’espace-monde du français la langue s’enrichit, pourquoi ne pas intégrer ces changements qu’on appelle « francophonismes » ? « Agender » pour noter un rendez-vous en Suisse romande, « fausser » pour chanter faux au Canada, « gréver » pour faire la grève en Afrique de l’Ouest et du Centre.

En outre les francophonismes se sont révélés plus prompts à accompagner les changements de la société notamment à travers l’émancipation des femmes et la féminisation des titres qui en découle. Dès 1978 au Québec puis en Suisse, en Belgique, au Luxembourg, la francophonie a intégré ces évolutions égalitaires tout autour d’un Hexagone foncièrement réticent. 

Même avec les initiatives Yvette Roudy en 1984, et Lionel Jospin en 1998, la parité lexicale se généralise mieux ailleurs. En France, l'Académie du quai de Conti continue de prescrire le genre masculin pour les fonctions éminentes. Refusant les "madame la ministre" et autres "madame la présidente" alors que la composition des mots en question le permet naturellement.

En somme la progression du français dans le monde ne peut se faire uniquement à travers le prisme « gendarme » de la France, et sa tendance « puriste » à la voir la langue toujours plus menacée de dégénérescence. Preuve en est, l’un de ces grands ambassadeurs, Charles Aznavour, ne l’a jamais mieux défendue qu’en chantant sa plasticité.

Chroniques
8H50
4 min
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