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Et si Netflix n’avait pas gagné la bataille des festivals ?

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Au moment où la plateforme vidéo Netflix annonce avoir franchi la barre des 5 millions d’abonnés en France, dépassant officiellement Canal+, la polémique sur sa présence en compétition dans les grands festivals fait son retour à la Berlinale.

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Logo de Netflix Crédits : Wikipédia

Les exploitants de cinéma indépendants allemands ont demandé à ce que les films produits par Netflix soient exclus de la compétition parce que leur sortie en salles n’est pas garantie.

« Pas de Netflix en compétition à la Berlinale » voilà ce qu’on pouvait lire sur les pancartes agitées lors d’une manifestation avant la projection d’"Elisa y Marcela" de la réalisatrice espagnole Isabel Coixet, un film produit par Netflix sur l’histoire d’amour de deux femmes dans l’Espagne du début du vingtième siècle. C’était la première fois qu’un long-métrage produit par la plateforme entrait en compétition au festival international du film de Berlin. 

L’année dernière, Cannes avait perdu son bras de fer face au géant américain : après avoir imposé à tous les films en compétition de sortir en salles, le festival avait été boycotté par Netflix. Or, impossible de continuer à laisser passer des chefs d’œuvres, au risque de perdre toujours un peu plus en influence. D’autant que d’autres acteurs numériques entrent dans le jeu comme Amazon, et bientôt Apple.

Après le couronnement historique de « Roma » d’Alfonso Cuaron à la dernière Mostra de Venise, premier film produit par Netflix à remporter le Lion d’or, et avant sa probable distinction aux Oscars, on aurait donc pu penser que la plateforme avait remporté la bataille des festivals.

Que répondre en effet aux cinéastes comme Isabel Coixet, très remontée de voir son film traité en paria par les exploitants de cinéma indépendants allemands, alors même que ce long métrage a été sauvé par Netflix après 10 ans passés à chercher des financements dans le circuit « traditionnel  ».

Face aux règles imposées par Netflix, il existe pourtant des marges de négociation.

Comme François Aymé, le président de l’Association Française de cinéma d’Art et d’Essai, l’a écrit dans une lettre adressée à Alfonso Cuaron et aux frères Coen, tous deux produits par Netflix : les cinéastes devraient refuser que le public ait à s’adapter à cette exclusivité en ligne et ne pas rompre une relation de confiance avec les salles qui les ont fait connaître.

Quand il faut s’abonner à Netfix ou renoncer à voir un film, ce ne sont plus les cinéastes qui s’adaptent aux évolutions du public, mais les spectateurs qui se plient aux nouvelles exigences de la production. D’autant qu’après quelques coups avec des grands noms, et un nombre d’abonnés grimpant en flèche, qui dit que Netflix poursuivra ses projets avec la même audace ? Enfin faut-il accepter que les spectateurs résolus à s’abonner soient contraints de livrer leurs données et de se laisser guider par les algorithmes ?

Il n’y pas de solution miracle, et la bascule est inexorablement en cours. Simplement, l’épisode Berlinois nous rappelle qu’il faut continuer à poser des conditions dans cette bataille. 

Et c’est particulièrement à la France, poumon du cinéma européen, qu’échoit ce rôle. Afin de trouver un espace temps acceptable pour que la diffusion en ligne ne supprime pas la sortie en salles.

Négocier plutôt que subir le jeu unilatéral d’une industrie que n’étouffent pas les scrupules, tel est l’enjeu pour que les festivals puissent établir des règles communes.

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