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Le chanteur Robbie Williams pendant la cérémonie d'ouverture de la coupe du Monde de football à Moscou le 14 juin 2018

Cérémonie du Mondial, sous le kitsch la tension ?

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Le premier symbole fort de cette première coupe du monde en Russie sera donc… un doigt d’honneur.

Le chanteur Robbie Williams pendant la cérémonie d'ouverture de la coupe du Monde de football à Moscou le 14 juin 2018
Le chanteur Robbie Williams pendant la cérémonie d'ouverture de la coupe du Monde de football à Moscou le 14 juin 2018 Crédits : ZHONG ZHENBIN / IMAGINECHINA - AFP

Un geste face caméra, en mondovision, celui du chanteur de pop britannique Robbie Williams qui assurait hier le show de la cérémonie d’ouverture, en compagnie de la soprano star russe Aida Garifullina. 

A qui s’adresse ce majeur ? Robbie Williams n’est pas un Pussy Riot infiltré venu dénoncer de l’intérieur le virage ultra othodoxe de la Russie ou la violence du Kremlin face aux défenseurs des droits de l’homme, aux opposants, aux artistes et aux journalistes dissidents. 

Non, ce doigt d’honneur vise son pays et ceux qui l’ont critiqué pour avoir accepté de se produire en ouverture du mondiale russe. Car en Angleterre, l’agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia ont été empoisonnés il y a à peine un mois. Provoquant une crise diplomatique entre Londres, ses alliés occidentaux et Moscou, accusé d’être responsable de cet empoisonnement. 

Environ 300 diplomates ont été expulsés de part et d’autre, et les relations entre les deux pays sont pour le moins fraîches. La Première ministre britannique Theresa May ayant annoncé en mars qu'aucun ministre ou membre de la famille royale britannique ne se rendrait au Mondial.

Ce doigt d’honneur de Robbie Williams s’accompagnait hier d’une petite modification de la chanson « Rock the DJ » qu’il était en train d’interpréter. « I did it for free » a-t-il glissé. « Je l’ai fait gratuitement ». Avis à ceux qui, comme le député travailliste Stephen Doughty en charge du dossier Skripal, lui ont reproché dans ce contexte d’empocher l’argent de la Russie et de la Fifa.

De mémoire, c’est le premier geste symbolique impromptu dans une compétition internationale sportive qui ne serve pas à défendre la liberté des oppressés mais la liberté de se ficher totalement des enjeux politiques. A moins de considérer que c’est justement un geste de soutien politique au président russe Vladimir Poutine… Ce qui serait donner une conscience militante bien démesurée à Robbie Williams, spécialiste de l'ambiguïté légère.

Lui qui s’était attiré les foudres russes avec sa chanson « Party like a russian ». Non pas pour avoir affreusement samplé, il faut le dire, « la danse des chevaliers » de Prokofiev mais parce que ses paroles avaient été taxées de racisme anti-russe. Manifestement anti-oligarques ou anti-corruption en tout cas. Le chanteur évoquant des signatures de contrats faites par des bruts en Louboutin (chausseur de luxe français), et affirmant qu’il faut je cite « être un certain type d’homme avec une certaine réputation pour soulager tout un pays de son argent ».

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Plus qu’une poignée de main, c’est donc un doigt d’honneur hier soir qui scelle la réconciliation de Robbie Williams avec la Russie ? Au vrai, il est le symbole du grand magasin à provoc' factice de la pop et son soufre galvaudé. Une pose vidée de sens. Reste que ce majeur n’est pas tant une prise russe, que le signe des tensions qui pourraient fissurer la vitrine du pays dans ce mondial.

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