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Le rappeur Orelsan lors des 33e Victoires de la Musique (9 février 2018)

Orelsan, moraliste du XXIème siècle ?

4 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi Orelsan ne va remplacer Johnny mais François de La Rochefoucauld…

Le rappeur Orelsan lors des 33e Victoires de la Musique (9 février 2018)
Le rappeur Orelsan lors des 33e Victoires de la Musique (9 février 2018) Crédits : Marc Piasecki / Contributeur - Getty

Comme Johnny Hallyday le rappeur Orelsan a sorti son nouvel album en nocturne, à minuit. Sauf qu’il est toujours vivant et que personne n’a fait une émission spéciale sur une chaîne d’information en continue avant et après la publication des titres.

Orelsan n’est pas un héros national mais un faiseur de maximes qui circulent dans la rue et dans les familles. Dont il a su faire le portrait aigre doux. 

Avec son dernier album « Le fête est finie » vendu à plus 500 000 exemplaires, il a installé définitivement le rap dans le paysage de la chanson française. Le rap comme un style à part oui, mais pas comme un genre à étiqueter « musiques urbaines » faute de mieux. 

Cette sortie à minuit comme un Johnny (une Beyoncé ou un Pharell Williams), reprend donc le gimmick commercial de tous ces albums surprises ou « évènementialisés » qui se sont multipliés comme autant de coups marketing ; parfois aussi comme de véritables courts-circuits. Une manière pour l’artiste de sortir à son rythme sans suivre le plan et les commandes des maisons de disques. Ce fut le cas pour le rappeur Franck Ocean il y a deux ans.

Avec Orelsan c’est entre les deux. Il y a une pointe de moquerie et de sabordage de soi. Dans « épilogue », épilogue aux 11 nouveaux titres réunis sous le nom d’« épilogue à la fête est finie », il désamorce le coup. « Je dois rendre cet épilogue dans 7h » rappe-t-il à la vitesse d’une mitraillette dans sa chambre d’hôtel.

Toujours sur le principe du sabordage de soi, le titre « rêves bizarres », bombardé en reconnaissance il y a deux jours, montrait aussi les coutures apparentes du dispositif «Étoile dans les yeux, shinobi, j'essaye de remplacer Johnny ».

Justement Orelsan n’essaye pas de remplacer Johnny et il s’en prend à cette part de lui même qui voudrait y croire. C’est à cela que sert cet épilogue, l’autopsie d’un succès.

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Orlesan n’est pas Johnny et s’en protège, plutôt l’exode que la fétichisation. Mais cette nuit une armée de fans scribes recopiaient ses « punchlines » sur les réseaux sociaux. « Certaines relations sont néfastes. Parfois les chemins se séparent. Mais les erreurs se réparent. Et la ligne d'arrivée est souvent la ligne de départ » recouvrait ainsi les murs 2.0 tout comme « Si ton pote chie sur tout l'monde, c'est qu'il fait pareil sur toi ».

Orelsan est en réalité un moraliste au sens du 17èmesiècle, comme ce rebelle frondeur et amant coureur François de La Rochefoucauld. Les origines nobiliaires en moins. Et les Maximes de La Rochefoucauld sont assez proches de ses fameuses « punchlines ».  « La vie est une maladie sexuellement transmissible dont la seule issue connue est la mort » Orelsan ou La Rochefoucauld ? « Si nous sommes incapables de trouver la tranquillité en nous-mêmes, il ne sert à rien de la chercher ailleurs » c’est simple, basique comme du Orlesan. Un rap non pas conscient mais salutaire, une dénonciation de toutes les hypocrisies de la vertu.

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