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La BD "The End" de Zep, parue en avril 2018

En 2019 les fictions entreront-elles dans l’ère de la collapsologie ?

3 min
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Les plasticiens et les plasticiennes en ont anticipé les signaux et commencé à modeler les contours, mais comment les arts populaires prendront-ils en charge cette révolution qui ne fait plus de l’homme le centre de l’univers ?

La BD "The End" de Zep, parue en avril 2018
La BD "The End" de Zep, parue en avril 2018 Crédits : Zep

Puisque le terme est amené à revenir souvent à vos yeux et vos oreilles redéfinissons-le. Formée du latin « collapsus » (qui est tombé d’un bloc) et du grec « logos », la collapsologie c’est la science de l’effondrement. 

A ne pas confondre avec le déclinisme… Il s’agit d’acter la fin d’un monde. L’homme interdépendant des autres du vivant se trouve dans une situation de Game Over. C’est lui qui dépend de la planète et non l’inverse. Comme il a épuisé ses crédits, il sort du jeu. Fin de partie comme dirait Beckett. 

A partir de là se dessine un monde qui en a fini avec l’anthropocentrisme mais donne une chance à l’humanité de s’en sortir. Les plasticiens et les plasticiennes en ont anticipé les signaux et commencé à modeler les contours comme l’ont montré les historiens de l’art Thomas Schlesser dans « L’Univers sans l’homme », puis Paul Ardenne dans « Un art écologique ».

Mais la fiction et les arts plus populaires, comment prennent-ils en chargent ce nouveau récit ?

L’année a notamment commencé par un film, que j’ai évoqué ici, "L’Heure de la sortie" de Sébastien Marnier. Il s’agissait de questionner l’esprit de la jeunesse lorsqu’il prend acte de cette fin annoncée. Et l’hyper prise de conscience écologique qui la peut la conduire à des extrémités radicales. 

Le cinéma a bien sûr usé depuis des décennies la fable apocalyptique jusqu’à la corde, mais comme un exorcisme. Un corpus de représentations qui continuaient de mettre l’homme et ses supers pouvoirs de transformation au centre (pour le meilleur et pour le pire). Puisque c’est la rentrée des séries, vous serrez ça et là, ce qu’on pourrait appeler l’ancienne veine apocalyptique continuer d’irriguer les écrans. Avec les supers-héros de "The Umbrella Academy" sur Netflix, ou les aventures d’un ange et d’un démon qui vivent parmi les humains tandis que l’apocalypse approche dans « Good Omens » sur Amazon. 

Mais les fictions collapsologiques nous disent autre chose, elles prennent en charge ma défaite de l’anthropocentrisme. Dans ce registre, c’est l’auteur de Bande de dessinée ZEP, le créateur de Titeuf, qui poursuit des projets parallèles tout à fait passionnants et accessibles. 

Pour sa BD « The end » parue chez Rue de Sèvres, Zep s’est associé au botaniste Francis Hallé. Spécialiste de la forêt tropicale, il observe depuis la cime des arbres la couardise humaine face à l’intelligence des plantes depuis longtemps.

Dans "The End", le double de Francis Hallé, Richard Frawley est un savant persuadé que les arbres sont capables de communiquer entre eux, et renferment une science qui nous dépasse complètement. Avec le jeune botaniste Théodor ils vont découvrir peu à peu les premières manifestations d’un monde où les animaux sauvages ne craignent plus personne et les plantes sécrètent de nouvelles substances pour se protéger. La parabole, inspirée de véritables recherches, initie le lecteur à cette nouvelle appréhension de l’univers. La nature reprendra ses droits, et on a tout intérêt à s’y préparer et à la respecter. 

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