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Ingmar Bergman in 1957

Comment Bergman s’est-il libéré de sa caricature ?

3 min
À retrouver dans l'émission

A l’heure où l’on célèbre le centenaire de la naissance du maître, reconnu comme l’un des plus grands cinéastes du monde, la révolution Bergman est devenue une évidence. Mais il n'en a pas toujours été ainsi...

Ingmar Bergman in 1957
Ingmar Bergman in 1957 Crédits : SvD/TT

Chaque film, parmi les 45 de la rétrospective quasi intégrale de la cinémathèque française nous démontre ce que la modernité du cinéma, et notre modernité tout court lui doit. Un peu comme Sophocle ou Shakespeare, son statut dépasse maintenant la temporalité des styles et des époques, mais il en pas toujours été ainsi. Bergman après avoir régné pendant 25 ans en maître du cinéma d’auteur symbolisera dans les années 70 une caricature du cinéma d’auteur. Comme dans ce sktech de Jacques Villeret en 1975.

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Le bruit du vent, les questionnements existentiels, les cris, les chuchotements, et le suédois sous-titré : Bergman ramassé en une recette pour amateurs de prise de tête. 

Dans cette phase caricaturale, on n’en oublierait presque alors que sans « Un été avec Monica » en 1953 il n’y aurait pas eu « les 400 coups » de Truffaut et toute la nouvelle vague française comme le rappelle Frédéric Bonnaud, le directeur de la Cinémathèque française.

Avec la caricature on ne voit plus que dès 1957 « Le septième sceau » et ce chevalier qui joue aux échecs avec la mort inventent une matrice absolue. Un cinéma qui ne concède absolument rien au spectacle, et concentre tout dans un langage d’exploration dont on croyait seule capable la littérature. Ou peut-être le théâtre sur lequel Bergman règne aussi, habité de Shakespeare et de Strinberg.

Mais au cinéma, qui avait poussé à ce point l’écriture de l’intériorité du personnage sur le visage de l’interprète ? Dans les années 60-70 Bergman et ses films avec Liv Ullman transcendent la notion même d’acteur.

Alors fin 70 ce sera au fond peut-être trop ? Il faut tuer le maître. Pourtant sur les écrans Bergman est partout. Woody Allen en est pétri, « Interiors », en 1978, en est une reconnaissante caricature.

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Avec « De la vie des marionnettes » en 1980 Bergman déconcerte, et après l’acmé de « Fany et Alexandre » en 1982 il met point final à sa filmographie. Sans s’y tenir… Privilégiant désormais les formes légères jusqu’à son chef-d’œuvre tardif en HD « Saraband ». Nous sommes en 2003, Bergman à quatre-vingt-cinq ans et il a compris, avant Netflix, que le cinéma est sorti de la salle pour « se fondre dans le flux des images » selon la formule d’Olivier Assayas. Cette modernité bergmanienne s’est construite à l’inverse d’une recette, pour briser un à un les formalismes qu’elle a créés.

Chroniques

8H50
3 min

La Conclusion

Bruno Latour
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