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Elisabeth Moss "The Handmaid’s Tale : la servante écarlate" - Saison 2

"La Servante écarlate", une dystopie trop réelle ?

3 min
À retrouver dans l'émission

La saison 2 de la série n’est pas issue du roman de Margaret Atwood, et poursuit à l’écran une fable rattrapée par le présent. De l'adaptation au récit autonome.

Elisabeth Moss "The Handmaid’s Tale : la servante écarlate" - Saison 2
Elisabeth Moss "The Handmaid’s Tale : la servante écarlate" - Saison 2 Crédits : Allo Ciné

La Servante écarlate (The Hansmade’s tale en anglais) est devenue plus encore qu’une série, un récit majeur de notre ère. 

Dans cette nation dystopique, les Etats-Unis d’Amérique mus en République totalitaire de Gilead, ont réduit les femmes encore fertiles malgré les ravages de la pollution, à l’état d’esclaves pour familles puissantes en mal d’enfant.

Adaptée du roman de la canadienne Margaret Atwood, écrit à Berlin en 1984, alors que « George Orwell regardait par-dessus mon épaule » selon les mots de l’auteure, La Servante écarlate n’est plus une fiction distopyque une trentaine d’années plus tard, mais une œuvre devenue « trop réelle » comme le raconte Margaret Atwood dans la revue America.

Par « trop réelle », ce ne c’est pas la traduction à l’image que vise Margaret Atwood, mais notre monde contemporain. Elle qui avait pris soin de ne mettre dans son roman « rien que des êtres humains n’aient déjà fait quelque part à une époque ou une autre » n’imaginait pas que 33 ans après, de nombreuses manifestantes revêtiraient la tenue rouge écarlate et les toques blanches des Servantes pour protester contre les mesures du « Trumpcare », l’augmentation des coûts de la contraception, de l’avortement ou des dépistages de cancer. _La Servante écarlat_e, symbole de ce qu’on appelle aux Etats-Unis « la guerre aux femmes », a quitté la fiction pour venir alerter le réel. 

La saison 1 de la série nous montrait bien ce corps qui appartient aux autres, ce corps qui paye pour toute la décadence écologique de l’humanité, ce corps qui paye dit-on pour les péchés de la pilule et de l’avortement. Elle nous montrait encore comment dans la République de Gilead, dirigée par des fous de Dieu, on viole rituellement les servantes, en faisant une prière.

https://www.youtube.com/watch?v=d1CP10aNuS4

Mais si la série La Servante écarlate est devenue un récit majeur, c’est par la force graphique de ses images venues prolonger le geste de Margaret Atwood, et sa rencontre avec notre époque. Le syncrétisme de toutes les dérives totalitaires, le sort des minorités, et la représentation des rébellions possibles y prennent un sens nouveau. Mais qu’allait proposer alors la saison 2 qui ne sort pas du livre d’Atwood, et poursuit sa fiction ?

Sans rien  « divulgacher », je vous dirais que l’héroïne « Offred » incarnée par la multi-primée Elizabeth Moss, découvre les souterrains de la résistance tandis qu’apparaît à l’écran le monde des « colonies », ces zones ocres et terreuses, où sont envoyées les récalcitrantes pour déblayer des déchets radioactifs.

La grammaire visuelle mise en place a pris le relais de l’écriture romanesque. Et l’enjeu, plus contemporain encore, est de comprendre peu à peu comment ce régime a basculé. Comme le dit Margaret Atwood, l’homme se distingue de l’animal par sa capacité à raconter des histoires, « des histoires puissantes, qui peuvent changer les choses pour le meilleur comme pour le pire ». Et la force de ce conte est de pouvoir continuer à s’écrire d’un médium à un autre, pour murmurer à l’humain ce qu’il se passe lorsqu’il se laisse pousser des crocs.

La saison 2 de « La Servante écarlate » vient de démarrer sur OCS, et sera présentée samedi 28 avril au Festival « Séries Mania » à Lille.

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