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Extrait du film Yesterday

« Yesterday » de Danny Boyle, calqué sur une BD française?

5 min
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Si les Beatles n’avaient pas existé, la face du monde et de la Pop en auraient été changées.

Extrait du film Yesterday
Extrait du film Yesterday Crédits : Jonathan Prime / Universal Pictures

Prenez la bande dessinée « Yesterday » de David Blot sortie en 2011, ajoutez-y un classique scénaristique du type « road to success » c’est à dire parti de rien, le héros devient une légende de la pop, ajoutez-y un peu de « Jean Philippe » de Laurent Tuel sorti en 2006, et vous obtiendrez peu ou prou, la prochaine comédie taillée pour le succès « Yesterday » de Dany Boyle, qui sortira mercredi prochain.

Dans le film, Jack Malik, musicien galérien, se réveille, après un accident dans un monde parallèle où les Beatles n’ont jamais existé. Il va alors se servir de leur répertoire pour devenir une star. On a affaire ici à un genre : « l’uchronie », c’est à dire une histoire alternative à partir d’un point de bascule dans le temps. Par exemple, le film « Jean Philippe » mettait en scène un fan de Johnny Hallyday qui se réveillait lui aussi, après un accident, dans une autre réalité, où Jean Philippe Smet n’était jamais devenu l’idole des jeunes ! « Yesterday » de Danny Boyle serait donc une nouvelle variation dans le champ de l’uchronie pop. 

Sauf que le scénario ressemble beaucoup au scénario d’une BD française qui porte d’ailleurs le même nom que le film « Yesterday »… Certains internautes l’ont déjà signalé et l’information s’est propagée jusqu’à sortir dans les colonnes de Variety, la bible hollywoodienne du cinéma.

Quelle est cette BD ? Publiée il y a 8 ans chez une petite maison édition qui a fermé depuis, « Yesterday » écrite par David Blot et dessinée par Jérémie Royer, raconte l’histoire de John Duval, qui se réveille dans un monde où les Beatles n’ont pas existé. Enfin pas encore. Première similitude. Même si le film de Dany Boyle se déroule aujourd’hui dans un présent alternatif, alors que le héros de la BD vient du futur, et se trouve dans les années 60. Reste que le principe est quasi le même. Comme Les Beatles n’ont pas encore percé mais que John Duval connaît tous leurs tubes, il va s’emparer de leur répertoire pour devenir aussi célèbre que Jésus Christ !

Ce n’est pas seulement l’idée d’un monde sans les Beatles qui voyage d’un cerveau scénaristique à l’autre, par pure coïncidence. Ou encore l’idée de « préscience des hits » qui pourrait-elle même venir d’une scène imaginée par Coppola dans « Peggy Sue s’est mariée » en 1986. Non, là le film écrit par le scénariste de « Coup de Foudre à Nothing Hill », Richard Curtis, à qui on a donné ce fameux « pitch », part du même concept que la BD, pose les mêmes enjeux, et s’appuie, sur les mêmes ressorts moraux et sentimentaux. 

Dans la BD comme dans le film, le héros, pris par les remords va faire un geste pour racheter sa faute, et dans la BD comme dans le film, s’il a usurpé l’œuvre des Beatles, c’est par amour pour une fille. Et dans la BD comme dans le film elle s’appelle Elli(e). Avec un « E » au cinéma et sans E dans la BD. Au jeu des similitudes ça commence à faire beaucoup !

Dans ce combat de David contre le Goliath, le « petit » auteur français, qui avait déjà été contacté pour des adaptations, sans suite, faute de droits sur les chansons des Beatles, n’a aucune chance face aux géants des studios. 

Et comment prouver ce potentiel plagiat sans véritables scènes similaires ? Sachant que la BD fait l’ellipse sur l’ascension du héros et que le film s’y attarde largement… Avec panache, David Blot a mis en ligne l’intégralité de sa BD en français et en anglais, chacun se fera donc son opinion. 

Mais, outre la cupidité cynique de studios qui ne se seraient même pas embarrassés à contacter leur source d’inspiration car jugée inoffensive, le plus fou dans cette affaire c’est que « Yesterday » de Danny Boyle nous présente un monde où les Beatles n’ont pas existé sans que cela ne change rien ! Or si les Beatles n’avaient pas existé, la face du monde et de la Pop en eût été changée. Il était là le film…

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