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Dany Boon à la cérémonie des Césars, en 2009

Prix du public aux Césars : la fin d’une anomalie ou le début de la démagogie?

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Il aura fallu attendre presque 10 ans pour que rebondisse la polémique « Dany Boon » sur l’élitisme de la sélection des Césars.

Dany Boon à la cérémonie des Césars, en 2009
Dany Boon à la cérémonie des Césars, en 2009 Crédits : Le Segretain - Getty

Il aura fallu attendre presque dix ans pour que rebondisse la polémique « Dany Boon » sur l’élitisme de la sélection des Césars. À l’occasion de la traditionnelle révélation des nominations, avant la cérémonie du 2 mars, Alain Terzian le président de l’Académie des arts et techniques du cinéma a annoncé la création d’une nouvelle catégorie « le prix du public ». Une façon pour les Césars de répondre aux accusations récurrentes de mise à l’écart des grands films populaires français. Débat lancé en 2009 par Danny Boon. 

Souvenez-vous. Avec Bienvenue chez les ch'tis, il détrône alors pour la première fois La grande vadrouille, blockbuster national historique, et cumule plus de 20 millions d’entrées, pour une seule nomination aux Césars. Dany Boon n’apprécie guère, et demande à ce que soit aussi reconnu le succès d'un film et le plébiscite du public. Puisque que "c’est pour le public qu’on fait des films" rappelle-t-il. Mais quel public ? Un public envisagé comme une masse ou une relation de un à un avec chaque spectateur ? Vaste question sur laquelle tout le monde ne s’accordera pas. Du reste, après avoir refusé dans un premier temps de participer à la cérémonie des Césars, Dany Boon débarque sur scène en veste de smoking et jogging orange…

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Comme on l’a entendu dans l’extrait, Dany Boon évoque les comiques qui restent assis, rarement nommés et encore moins récompensés. Il appelle en somme à reconnaître la comédie populaire comme une culture légitime, et plaide pour la création d’un César de la meilleure comédie. Une distinction qui existe d’ailleurs aux Golden Globes américains. Mais cette proposition sera refusée pour ne pas ghettoïser le genre ou recourir à une classification arbitraire.

Après une première bascule en 2011 pour lntouchables d’Olivier Nakache et Eric Tolédano (comédie et succès populaire aux 19 millions d’entrées, nommée 9 fois aux Césars, avec le prix d’interprétation pour Omar Sy) voici en 2018  le « prix du public » qui répond partiellement aux critiques de Dany Boon. « Souvenez-vous, nous avions commencé une conversation avec Dany Boon et ce César est le premier aboutissement de ce dialogue » a rappelé Alain Terzian le président de l’Académie.

Cette conversation, c’est celle plus ancienne encore que cette polémique, et qui revient aujourd’hui : comment les institutions culturelles peuvent-elles refléter le pluralisme de la culture ? 

Et je me dis que ce « prix du Public » est peut-être la fin d’une anomalie. Là où d’autres y voient une forme de démagogie. En revanche le système de ce prix ne me semble par tout à fait le bon. Cette nouvelle catégorie ne sera pas stricto sensu ouverte au vote du public, et prendra uniquement en compte son plébiscite dans les salles. Le prix du public sera celui du film français ayant fait le plus d'entrées. Le prix du ticket en somme ! L’année dernière ça aurait été les Tuches 2, en 2016 Les Nouvelles aventures d’Aladin et en 2015 à Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? La bonne nouvelle pour Dany Boon c’est justement qu’il est en tête cette année avec sa comédie Raide Dingue et ses 4 millions et demi d’entrées… Mais attention aux Tuches 3 !

Preuve que cette forme de fracture diagnostiquée entre les choix des professionnels des Césars et les choix du public tend à se réduire, en tête des nominations cette année se retrouvent à la fois le biopic activiste 120 battements par minutes de Robin Campillo, la farce anarcho-historique Au revoir là-haut d'Albert Dupontel  et la comédie "multiculti" Le Sens de la fête d'Olivier Nakache et Eric Toledano. Une sélection moins élitiste certes, quitte à passer à côté de deux grands films Félicité d’Aain Gomis, et L’Amant d’un jour de Philippe Garrel. Le pluralisme est plus pluriel que cela.

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