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Scène d'un épisode de la série "Black Mirror"

"Black Mirror" saison 4 : la série prédira-t-elle encore l'avenir?

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Une nouvelle saison de « Black Mirror » comme celle qui vient d’arriver sur la plateforme Netflix, c’est plus qu’un horoscope annuel, c’est un rendez-vous de la société avec l’une de ses meilleures boules de cristal.

Scène d'un épisode de la série "Black Mirror"
Scène d'un épisode de la série "Black Mirror" Crédits : © Channel 4 Television Corporation / Allocine

« Le futur s’annonce radieux » voilà le genre d’antiphrase qui accompagne la série d’anticipation « Black Mirror », miroir grossissant et divinatoire de notre avenir en compagnie des nouvelles technologies. 

Une nouvelle saison de « Black Mirror », comme celle qui vient d’arriver sur la plateforme Netflix, c’est plus qu’un horoscope annuel, c’est un rendez-vous de la société avec l’une de ses meilleures boules de cristal.

Jusqu’ici nous comptions sur les épisode des Simpsons pour prédire l’avenir. Donald Trump président des Etats-Unis c’était déjà dans les Simpsons en 2000, le bug des machines de votes en 2012 était annoncé dans un épisode de 2008. Même le récent rachat de la Fox par Disney avait été anticipé dès 1998 : dans l’un des épisodes on voyait apparaître un grand panneau avec l’emblème des studios « 20th Century Fox » accompagné de cette mention au bas du logo « une division de la Compagnie Walt Disney ». Prédictions politiques, économiques mais aussi technologiques comme le premier coup de fil vidéo qui apparaît chez les Simpsons 15 ans avant Facetime sur les Iphone.

Dans la série « Black Mirror », un mélange d’informations sur les recherches technologiques et de projections dans la fiction, permet de dépasser les visions flash des Simpson, pour aller vers un questionnement des nouveaux usages. Et c’est là que se niche l’écriture du monde qui vient. 

Le scénariste Charlie Booker en a fait un principe : « Si notre Imagination rejoint le réel quelques mois ou années plus tard, c’est qu’on a bien bossé » dit-il. Avec un peu de second degré, parce qu’en l’occurrence ça peut tourner mal.

Le  premier épisode de la saison 3 mettait en scène une société de la notation des individus pas si éloignée de ce que prévoit la Chine à l’horizon 2020 : le gouvernement veut utiliser le Big Data pour fixer une note globale à chaque citoyen, afin de savoir lesquels sont dignes de confiance, et sanctionner les mauvais. 

Le dernier épisode de cette même saison se déroulait autour d'un système de meurtre par sondage sur les réseaux sociaux, exécutés par des abeilles drones tueuses, mises en place au départ pour remplacer l’extinction des pollinisateurs et détournées de leur fonction. Autant de possibles angoissants, mais potentiellement en germes. 

La saison 4 se penchera quant à elle sur les nouvelles techniques de surveillance par implant par exemple, et les risques qu'une mère est prête à prendre pour "protéger" son enfant... 

Mais au fond ce n’est pas tant l’anticipation des « avancées » technologiques et scientifiques qui compte dans « Black Mirror », les mêmes pistes de départ reviennent souvent. Ce qui compte c’est de voir comment elles intègrent le récit contemporain. Comment elles ouvrent une infinité de nouveaux choix et de nouvelles problématiques pour les personnages de fictions. Chaque épisode étant isolé, ce ne sont pas 6 épisodes qui sont proposés mais 6 "histoires" annoncées comme telles. Avec leur propre autonomie stylistique. 

En réalité "Black Mirror" est le successeur des nouvelles d’Edgar Allan Poe ou des épisodes _hitchcockien_s de "La Quatrième Dimension". Ce sont des fables qui intègrent pleinement notre environnement du 21ème siècle. D’ailleurs à partir de février 2018, de nouvelles histoires seront non pas diffusées mais publiées, sur un format high-tech révolutionnaire qu’on appelle le livre ! Un truc capable de faire surgir des sons et des images dans votre tête pour constituer une histoire. Dingue ! 

Ni Cassandre, ni dystopique, "Black Mirror" est bien un voyant au sens le plus poétique et le plus rimbaldien du terme. Je est plus que jamais un autre, et il faut continuer de trouver les langages pour le dire.

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