LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Manifestation de "African Lives Matter" devant l'ambassade de Libye à Londres contre la traite des migrants (9/12/2017)

À quoi sert de chanter pour ceux qui sont loin de chez eux?

5 min
À retrouver dans l'émission

La crise des migrants résonne dans toutes les productions musicales comme s'il devenait désormais impossible de composer dans une bulle.

Manifestation de "African Lives Matter" devant l'ambassade de Libye à Londres contre la traite des migrants (9/12/2017)
Manifestation de "African Lives Matter" devant l'ambassade de Libye à Londres contre la traite des migrants (9/12/2017) Crédits : Chrissa Giannakoudi / NurPhoto - AFP

À l’occasion de la journée internationale des migrants, intéressons-nous à l’écho musical de cette crise. C’est un refrain qui résonne depuis longtemps déjà, et qui ne semble toujours pas en mesure de se faire entendre. 

En 1977 déjà Pierre Perret avec Lily, racontait le parcours et les déplorables conditions d’accueil de celle qui arrivait des Somalies « Dans un bateau plein d´émigrés Qui venaient tous de leur plein gré Vider les poubelles à Paris... ».

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

En 1985 Michel Berger voulait chanter pour ceux qui sont loin de chez eux et qui ont dans leurs yeux quelques chose qui fait mal, qui fait mal…

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

En 2007 Tiken Jah Fakoly sur son album «L’africain » lançait un cri d’alarme avec l’emblématique « Ouvrez les frontières » mais aussi la chanson « Où aller, où ? » et ces mots qui continuent de refléter l’actualité « _Prends garde disent-il_s, La mer est une tombe, Elle ne te donnera pas son bras Si tu tombes ». Cette année, depuis janvier 2017, au moins 3 000 migrants sont morts en traversant la Méditerranée.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Les décennies passent et seul le vocable évolue : les « réfugiés » sont devenus des « migrants ». Les zones de dangers perdurent ou se déplacent. Mais le sort de ces hommes et de ces femmes à qui ne s’imposaient plus d’autres possibilités que celle de partir au péril de leur vie, demeure. Aujourd’hui la situation est telle que d’alerter sur les migrants n’est plus le fait de quelques chansons engagées, mais touche massivement la production musicale. Comme s’il devenait impossible de prétendre encore composer dans une bulle. Cet été c’était le groupe de rock anglais mainstream « Coldplay » avec la chanson « Aliens » dont les revenus ont été reversés à une organisation de sauvetage de migrants en Méditerranée. 

Quant au nouvel album du groupe américain N.E.R.D de Pharrell Williams, qui vient de sortir après 7 ans d’absence, il nous montre que le faiseur de tubes des années 2000 ne peut plus se contenter de produire des titres sans âme. Les violences policières à l’égard de citoyens noirs, et la persécution des migrants dans un pays qui s’est retiré du « Pacte mondial sur la migration » trouvent une résonance. Comme dans le morceau « Kites » avec le rappeur Kendrick Lamar et la chanteuse Mia. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Les plus cyniques diront que la chanson pour migrants est devenue un passage obligé pour les artistes. En écoutant ce titre, on préfère souligner, si on l'avait oublié, qu'une chanson engagée ou solidaire n’en est pas pour autant triste ou vindicative mais peut s’avérer diablement dansante. 

Et de fait il existe forcément un langage poétique et musical à inventer pour parvenir enfin à toucher, dans un climat paradoxal de mobilisation et d’anesthésie générale. C’était le sens de l’appel de l’écrivain Patrick Chamoiseau dans son essai « Frères Migrants ». La question est : cette langue peut-elle venir de l’extérieur ?

Si le blues a contribué à ancrer l'horreur esclavagiste dans la mémoire américaine, il a aussi été un moyen pour les esclaves d’entrer en résistance contre leur déshumanisation. À l’heure où certains migrants sont vendus comme esclaves en Libye, dans une ignoble répétition de l’Histoire, comment faire entendre leur voix ? C’est le chant direct de ceux qui vivent ces drames qui peut, d’une part les fédérer, et d’autre part véritablement "concerner" le reste du monde. Plus qu’une production extérieure forcément superficielle, ne pourrait-on pas souhaiter pour se faire entendre que les migrants trouvent leur blues ? 

Une problématique récemment soulevée par un article de Slate, qui montre les difficultés pour qu’un tel élan se produise sur des territoires mouvants, et dans des langues d’accueil changeantes. Néanmoins à Calais, les prémices d’une musique collective se sont fait entendre dans un groupe de migrants soudanais racontant leur souffrances et leurs espoirs, nous interpellant dans ce titre « Ya Nass » traduisible en français par « Hé les gens » ! 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Les passeurs, la police, les camps, tout y est scandé, et leur chœur de reprendre : « On en a marre d'eux Oh gens ! La France est notre espoir Oh gens ». Oh gens, puissiez-vous les entendre.

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......