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Le criminel américain Charles Manson, à Solano County, en Californie, en 1980.

Charles Manson, produit frustré de la contre-culture américaine

4 min
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Le monstre d'une époque dans laquelle il n'a pas pu prendre sa revanche est devenu une icône culturelle macabre.

Le criminel américain Charles Manson, à Solano County, en Californie, en 1980.
Le criminel américain Charles Manson, à Solano County, en Californie, en 1980. Crédits : Albert Foster/Mirrorpix - Getty

C’est un fait le décès de Charles Manson après 48 ans passés en prison sans jamais rien regretter de ses crimes, rejoint bien les pages cultures. Un monstre qui a fasciné et fascine encore dans la littérature, le cinéma, les séries, la musique ou les arts plastiques. Comme avant lui Jack l’éventreur, dont l’identité reste cependant un mystère. 

Rien de nouveau alors me direz-vous. Nous sommes face à l'un de ces monstres dont on cherche par l’art à sonder la psyché, un de ces monstres qui nous obsèdent d’effroi par empathie pour les victimes, et qui nous rassurent dans notre normalité.  

Mais Charles Manson est un monstre qui apparaît à une époque donnée et c’est bien celle-ci qu’il convient de regarder. Ce à quoi s’attachera, si l’on croit la presse américaine, le prochain film de Quentin Tarrantino.  

Charles Manson naît dans la contre-culture américaine, et il incarne d’abord son bad trip

En 1969, quelques semaines après la sortie d’Easy Rider le road movie emblématique de la génération hippie, on découvre les massacres du gourou Manson et sa communauté de disciples, sa "Family". L’horreur a lieu dans une maison de Los Angeles sur Cielo Drive, où Sharon Tate, l’actrice et femme de Roman Polanski enceinte de 8 mois, est sauvagement assassinée ainsi que quatre de ses amis.  Une tuerie téléguidée à distance par Manson qui a demandé à ses adeptes de faire "quelque chose de satanique" pour lancer cette guerre apocalyptique des noirs contre les blancs - "les pigs" - dont il croit que le morceau Helter Skelter des Beatles annonce la venue.  

Delirium parano, gloubiboulga black-panthero-mystique, si Manson a bien une liste d’icônes blanches à abattre, avant le massacre de Cielo Drive c’est un fournisseur de sa bande qui sera torturé et assassiné, puis après les cinq morts de Cielo Drive, le patron d’un supermarché et sa femme. La mission apocalyptique a quelque chose de frelatée. C’est la décoction sanguinaire d’une époque où Manson n’a pas pris sa revanche. 

Car dans cette maison de Los Angeles nouvellement habitée par le couple Polanski, c’est bien le producteur de musique Terry Melcher qu’il était venu chercher, parce qu’il ne l’avait jamais rappelé. Pourtant il y avait cru. Lui qui composait depuis sa jeunesse difficile en prison, lui qui avait charmé ses adeptes sur les campus avec une guitare de serpent, lui que Dennis Wilson, batteur et membre des Beach Boys avait accueilli avec sa "Family" dans la maison du groupe.

Manson fournira même aux Beach Boys sa chanson "Cease to exist" qui sortira reformulée sous le nom de "Never learn not to love" en 1968. 

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Sauf que Charlie Manson ne sera jamais crédité. C’est le début de la fureur. A posteriori Manson manipulera encore et toujours une lecture politique des événements lorsqu’il déclarera plus tard : « Je suis ce que vous avez fait de moi. Je ne suis qu'une réflexion de vous ». 

Elle serait là dans ce monstre, la face B de l’Amérique, le disque qu’on ne veut pas entendre. Face A : Maryline Monroe, face B : Charles Manson, c’est le sens du pseudo que se donnera un certain Brian Hugh Warner devenu le chanteur de métal Marylin Manson.  Mais si on enlève la mystification, et les citations morbides de quelques rockeurs ou rappeurs, Charles Manson n’est la pas la contre-culture américaine, il en est le produit frustré.

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