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La chanteuse Janelle Monae lors de son discours à la cérémonie des Grammys Awards, le 28 janvier 2018

Grammy Awards entre incantations et contradictions

4 min
À retrouver dans l'émission

Interrogeons les limites du combat-spectacle après une cérémonie très "politique". L'intersectionnalité appliquée au show business ça donne quoi?

La chanteuse Janelle Monae lors de son discours à la cérémonie des Grammys Awards, le 28 janvier 2018
La chanteuse Janelle Monae lors de son discours à la cérémonie des Grammys Awards, le 28 janvier 2018 Crédits : Jeff Kravitz/FilmMagic - Getty

C’est désormais acté, un grand raout du monde du spectacle ne peut plus se faire dans sa bulle. Et en particulier aux Etats-Unis, où les différents combats qui agitent l’Amérique de Trump ont trouvé tribune lors de la dernière cérémonie des Grammy Awards qui récompensent les meilleurs artistes et techniciens de la musique américaine. Une expérience d’intersectionnalité appliquée au show business.

L’année dernière déjà, Jennifer Lopez citait la prix Nobel de littérature Toni Morrison aves ces mots : « À ce moment précis de l'histoire, nos voix sont plus essentielles que jamais, comme Toni Morrison l'a un jour dit, il est précisément temps que les artistes se mettent au travail. Il n'y a pas de temps pour le désespoir, pas de temps pour avoir pitié de soi, pas de temps pour le silence, et pas de place pour la peur ». Le rappeur Busta Rhymes s’en prenait au « muslim ban » de Donald Trump et au mur à la frontière du Mexique. Beyoncé engageait l’Amérique à se replonger dans son passé pour examiner disait-elle « nos combats, notre obscurité, notre histoire » et à ne pas répéter les même erreurs.

Un an plus tard, tout va pour le pire, et la mobilisation scénique s’est intensifiée.

Contre le racisme anti-noirs, avec la performance du rappeur Kenrick Lamar en compagnie de Bono de U2 pour son titre « XXX » qui évoque les meurtres de jeunes hommes noirs aux Etats-Unis. 

Contre la politique d’immigration du président Trump, avec le discours de la chanteuse d’origine cubaine Camilla Cabello qui s’est attaqué au renvoi des dreamers. Ces immigrés clandestins arrivés enfants sur le sol américain et accompagnés jusqu’ici par un programme d’aide pour étudier et travailler. 

Bien sûr aux Grammy Awards brillait cette lueur pailletée du changement : la locomotive Time’s up lancée à Hollywood contre le harcèlement sexuel et pour l'égalité hommes-femmes. Je ne reviendrai pas sur le vague dress code « fleur blanche » initié par les femmes de l'industrie musicale sous la bannière "Voice for Entertainment" qui a rencontré moins de succès que la tenue noire des Golden Globes et s’est avéré d’un féminisme plutôt décoratif. Nettement édulcoré. Mais écoutons le discours le plus «abouti » de ces derniers Grammy, celui de la chanteuse Janelle Monae.

«Nous venons en paix, mais nous attendons des résultats. Et à ceux qui oseraient essayer de nous museler, nous offrons deux mots : Time's Up. Parce que vous savez, ça ne se passe pas seulement à Hollywood, à Washington, ça se passe aussi dans notre industrie. Et comme nous avons le pouvoir de modeler la culture, nous avons celui de défaire la culture qui ne nous rend pas justice. Travaillons ensemble, femmes et hommes, en tant qu'industrie musicale unie ».

En somme et comme cela a été répété pendant la cérémonie, il était temps de passer à l’action. Et même de croire à une musique qui pourrait encore changer le monde. Seulement patatra, de la théorie à la pratique c’est le son formaté et dépolitisé de Bruno Mars qui a raflé la mise. Six récompenses dont meilleur album, meilleur enregistrement et meilleur chanson de l’année.

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« Saute dans la Cadillac et souris "girl", demande tout ce que tu veux juste affiche un sourire, tu mérites tout, tu mérites tout, et je vais te le donner… » Voilà pour traduire quelques-unes des paroles. 

Kendrick Lamar n’aura été récompensé que dans SA catégorie, le rap. Un genre majoritaire qui n’a remporté que deux fois l’album de l’année dans toute l’histoire des Grammy. Dommage, c’eut été un signal fort. Mais me direz-vous, certains l’accusent de sexisme. Alors quelle est la morale de cette histoire : mieux vaut un front uni derrière la soupe ? J’ai mieux, relire le dernier ouvrage de Naomi Klein chez Actes Sud « Dire non ne suffit plus ».

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