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Ocean's Eight est un film américain réalisé par Gary Ross, dont la sortie est prévue pour 2018. Il s'agit d'un spin-off de la Trilogie Ocean de Steven Soderbergh.

Les blockbusters changent de sexe

5 min
À retrouver dans l'émission

Vague de féminisation à Hollywood pour le meilleur et pour le pire.

Ocean's Eight est un film américain réalisé par Gary Ross, dont la sortie est prévue pour 2018. Il s'agit d'un spin-off de la Trilogie Ocean de Steven Soderbergh.
Ocean's Eight est un film américain réalisé par Gary Ross, dont la sortie est prévue pour 2018. Il s'agit d'un spin-off de la Trilogie Ocean de Steven Soderbergh.

La féminisation c’est la relecture de films pré-existants ou leur "suite" version femme.

L’entreprise est en apparence louable. Pourquoi ne pas rééquilibrer le paysage de la fiction en proposant le versant féminin de récits ou du qui avaient été jusque-là abordés uniquement par le prisme masculin. Mais encore faut-il que ce changement de focale ait une pertinence autre que marketing.

Hollywood s’est ainsi mis en tête de féminiser tous ses blockbusters, et on a parfois le sentiment qu’il s’agit surtout de vendre deux fois le même produit en changeant la couleur des stéréotypes.

Rockie et Ramba ?

Exemple avec Pire soirée la version féminine de Very Bad Trip ou le dernier S.O.S Fantômes composé cette fois d'une équipe de chasseuses de spectres (accordons néanmoins à son réalisateur Paul Feig père de "Mes meilleures amies" sa légitimité en matière de comédie féminine). En 2018 ce sera au tour de la trilogie Ocean’s 11 de Steven Soderbergh de se féminiser à 100% pour son 4ème volet, avec entre autres Sandra Bullock, Cate Blanchett, Rihanna, Helena Bonham Carter et Anne Hathaway.

Bref sur le marché du cinéma, la femme est l’avenir de la saga. Et si Rambo 4 sortait aujourd’hui Sylvester Stallone changerait de sexe.

Féminiser un casting n’est pas féminiser un point de vue

Le filon de la féminisation consiste trop souvent à changer les héros hommes en héros femmes sans réel apport supplémentaire sur les personnages et leur perception. Et ce qui marche avec Wonder Woman c'est qu'elle n'est pas simplement la version femme de Superman mais un personnage de Comics à part entière.

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Cette vague de féminisation ne touche pas que les grandes productions, on pourra découvrir en salle aujourd’hui "Patti Cake$" premier film de Geremy Jasper présenté à la dernière Quinzaine des réalisateurs et au Festival de Sundance.

8 Mile version rappeuse

Une jeune femme rêve de devenir rappeuse, mais comment s’imposer dans ce milieu quand on est une « white trash » qui vit avec sa mère alcoolique? C’est peu ou prou le scénario d’8 Mile film inspiré de la vie du rappeur Eminem. Sauf que dans cette version 2ème sexe le flow de Patti incorpore des problématiques de fille exclue des canons de beauté et la relation avec la mère est encore plus perverse. Ca commence à devenir intéressant...

Un exemple réussi, Les Proies de Sofia Coppola

Mais au fond ce que peut vraiment la féminisation d’un récit au cinéma on le voit avec Les Proies de Sofia Coppola. Sorti mercredi dernier et Prix de la mise en scène au dernier festival de Cannes il s’agit d’une nouvelle adaptation du roman de Thomas Cullinan porté à l’écran par Don Siegel en 1971. L’histoire est toujours celle d’un soldat nordiste recueilli au sein d’un pensionnat de jeunes filles dans une ancienne plantation sudiste, mais Sofia Coppola a voulu la raconter du point de vue des femmes.

Là où chez Siegel se développait une forme d’hystérie autour de ce corps masculin incarné par Clint Eastwood, c’est toute la frustration sourde du désir féminin, contraint comme souvent à claustra, qui s’exprime chez Sofia Coppola. Avec au final plus d’ambivalence et plus de complexité des deux côté du genre. Voilà toute la pertinence de cette relecture et de ce changement de point de vue.

Ainsi ce qui a du sens ce n’est pas de proposer un jour une version de L’Odyssée incarnée par une Ulysse, mais de pouvoir nous glisser dans le regard de Pénélope, Nausicaa, Calypso et Circé.

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