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 Performance des Moranbong à Pyongyang, le 12 mai 2016

Pop propagande et Guerre du son

5 min
À retrouver dans l'émission

Si la tension monte après le 6ème essai nucléaire de la Corée du Nord, le volume aussi.

 Performance des Moranbong à Pyongyang, le 12 mai 2016
Performance des Moranbong à Pyongyang, le 12 mai 2016 Crédits : Getty

Comme vous j’entends d’une oreille de plus en plus inquiète la musique de plus insistante des tirs de missile de la Corée du Nord. Et je me suis demandé, puisqu'on parle de musique, ce qui rythmait le quotidien des nord-coréens. Eh bien c’est ça :

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« Travaillons, travaillons, travaillons pour le bien du pays ! » chantent les Moranbong. C’est le girls band du leader suprême de la Corée du Nord, Kim Jong-un. Un groupe apparu en 2012 et créé de toute pièce où chacune des dix huit filles a été sélectionnée par le leader lui-même. Peut-être une réponse en forme de Pop propagande au tube planétaire venu alors de Corée du Sud le "Gangnam Style" de Psy.

Entre les deux Corées : une guerre du son?

Tout se passe comme si les deux pays se livraient une guerre du son. Par exemple l’année dernière, après le quatrième essai nucléaire nord-coréen, la Corée du Sud a annoncé qu’elle doublerait le nombre de haut-parleurs à la frontière avec la Corée du Nord ! Un mur d'enceintes y diffuse un mélange de musique pop, de bulletins d'informations et de messages de propagande pour saper le moral des soldats nord-coréens. La décision a provoqué une véritable crise entre Seoul et Pyongyang.

En Corée du Nord, la tension musicale est par ailleurs montée d’un cran depuis deux ans. Un décret a étendu la censure, et le département "agitation et propagande" du parti des travailleurs s'est vu chargé de détruire tous les enregistrements interdits. Comprenez : les agents de "l’unité du peuple" ont été habilités à brûler l’ensemble de la discothèque d’un foyer si ils y trouvaient un seul des titres bannis par le régime.

CD et cassettes brûlés

Que trouve-t-on sur cette liste noire ? Essentiellement des morceaux étrangers, mais aussi la bande-originale du film nord-coréen Im Kkeok Jeong – l’histoire d’une d'une rébellion paysanne au XVIe siècle dont certaines chansons "Vengeance" ou "Levez-vous, frères de sang" ont été considérées comme de potentiels appels à l'insurrection.

Au Venezuela la Pop propagande bat aussi son plein

Autre point chaud sur la carte du monde, le Venezuela où la répression des manifestations contre le président Nicolas Maduro a fait 125 morts. Là c'est le tube mondialisé de l’été « Despacito » signés des portoricains Luis Fonsi et Daddy Yankee qui a été détourné (contre leur gré) et remixé pour faire la propagande du dirigeant.

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« Lentement, prends un bulletin plutôt que les armes, et exprime tes idées toujours dans la paix et le calme » un appel au vote pour l’assemblée constituante qui s’est attribuée depuis l’essentiel des pouvoirs.

Le groupe Cyborg Vzla inconnu jusqu’alors – et qu’on imagine créé pour l’occasion - s’est aussi chargé de faire la promotion de la constituante auprès des jeunes avec le titre de reggaeton « La constituyente » et son clip très Venezu-Cola.

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Rien d'étonnant dans un pays où depuis longtemps orchestres et musiciens sont employés à chanter la gloire du chavisme.

Opposition musicale

Au Venezuela se joue, cette fois en interne, une forme de guerre du son. Et de nombreux artistes opposants au gouvernement Maduro ripostent. Wuilly Arteage violoniste emblématique des rassemblements contre le pouvoir, passé par la case prison, est désormais interdit de jouer dans la rue.

Si on ne peut pas dire que le « Vamo a la calle » ou « Allons dans la rue » du chanteur à jeunes filles Carlos Baute soit un brûlot anti-Maduro… En revanche la rhétorique est beaucoup plus franche du côté de la rappeuse Mestiza. Elle a pris fermement pris le mike contre Maduro dénonçant "le maudit président dictateur" et sa "maudite police assassine" dans son clip sur fond de manifestations « Venezuela lucha » sorti en juin.

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Un son normé qui peut dire tout et son contraire

A y écouter de près, ce qui me frappe dans cette "Pop Propaganda" (et ses contres feux) c’est un son absolument mondialisé. Un son normé, uniformisé, qui peut dire tout et son contraire, ici comme ailleurs.

Après avoir tout absorbé, on dirait que la grande machine à formats s’est mise à tourner à vide. L’écrivain Alan Moore père de V pour Vendetta nous mettait en garde récemment « Quand on a pas de contre culture c’est là qu’un monstre peut apparaître… »

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