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Les assistants de l'artise Ai Wei Wei installant des gilets de sauvetage sur les colonnes de la Konzerthaus à Berlin

Que peut l'art pour les réfugiés?

4 min
À retrouver dans l'émission

La crise des réfugiés provoque des radicalisations xénophobes mais aussi un engagement accru de la scène artistique.

Les assistants de l'artise Ai Wei Wei installant des gilets de sauvetage sur les colonnes de la Konzerthaus à Berlin
Les assistants de l'artise Ai Wei Wei installant des gilets de sauvetage sur les colonnes de la Konzerthaus à Berlin Crédits : John MACDOUGALL / AFP - AFP

On se souvient cet été de cette information nauséabonde : « Defend Europe » un collectif d’identitaires européens réunissant français, allemands, autrichiens et italiens, avait réussi une levée des fonds sur Internet pour financer son C Star. Un chalutier de « patrouille anti-migrants » au large des côtes libyennes. Opération qui capota au bout d’une semaine mais qui laissa le goût amer d’une bonne publicité xénophobe.

La crise des réfugiés est au cœur d’une guerre d’images et de nombreux artistes s’engagent pour défendre quant à eux l’accueil des migrants. Tenter constamment d’attirer le regard sur un drame qui ne se résoudra pas tout seul.

C’est que signifiait le street artiste Banksy à travers cette inscription sibylline laissée à Calais « Peut-être que tout cela se résoudra tout seul… ». Parmi les pochoirs calaisiens de Banksy, il y avait une parodie du tableau de Géricault « le Radeau de la méduse » : une poignée de migrants sur une embarcation à la dérive tentant de héler un ferry, en vain… En début de semaine, on apprenait que le pochoir en question avait disparu recouvert de peinture lors du ravalement de l'immeuble.

Que peut une image ?

Que peut une image lorsqu’elle provoque l’empathie internationale puis finit par s’effacer… comme celle du petit Eylan échouée sur une plage turque. Pour qu’elle ne s’efface pas, l’artiste et dissident chinois Ai Wei Wei se mettait en scène quatre mois plus tard, étendu sur le ventre au ras de l’eau. « L’image de trop ? » avait-on pu s’interroger. Exposée qui plus est dans le contexte marchand d’une foire d’art contemporain. Malaise. Ai Wei Wei qui continue son combat "artiviste" sans relâche et non sans critiques.

Collecte de 14 000 gilets de sauvetage abandonnés pour créer une oeuve à Berlin. Accrochage de canots de sauvetage sur le Palazzo Strozzi à Florence. Installation dans le grand hall de la galerie nationale de Prague de La loi du voyage, son oeuvre la plus monumentale. Enfin, son film présenté à la dernière Mostra de Venise, Human Flow montage sur les traces des déplacés à travers une vingtaine de pays. Images, témoignages, paroles de poètes, parole d’experts.

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Human Flow laisse une impression ambivalente. Il a la force de rendre sensible ce chiffre de 65 millions de réfugiés dans le monde en 2016, mais passe aussi à côté d’une puissance poétique qui aurait rendu le film plus combatif encore. Sans oublier son côté "Yann Arthus-Bertarnd des réfugiés" avec ces camps vu du ciel. Gênant...

De l'espace symbolique à l'action concrète

Alors que peut l’art pour les réfugiés ? L’engagement continue de se réinventer. Dés demain et jusqu’au jeudi 21 septembre au Palais de Tokyo à Paris l’évènement WE DREAM UNDER THE SAME SKY mobilisera pour la première fois artistes, penseurs, institutions, galeries et collectionneurs. Le but sensibiliser bien sûr, alerter encore et toujours mais aussi agir.

Une vente aux enchères permettra de financer 5 associations décrites comme « reconnues, complémentaires et actives au quotidien sur le terrain ». Annette Messager, Cindy Sherman, et Danh Vo artiste danois, lui-même échappé par bateau du Vietnam avec ses parents, font partir des artistes donataires.

Dans le journal Le Monde, un appel à la création d’un « passeport culturel » pour les migrants vient également d’être lancé par un collectif d’artistes dont Marie-Agnès Gillot, Dominique A ou Laurent Le Bon directeur du Musée Picasso. Ils défendent l’accès aux lieux culturels et à la pratique artistique comme une arme d’intégration massive.

Investir le symbolique, créer un espace poétique pour changer les regards certes, mais c’est aussi dans l’articulation concrète de cette guerre solidaire que l’Art semble se diriger.

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