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Alléger la dette grecque (par Annabelle Grelier)

2 min
À retrouver dans l'émission

Les ministres des Finances de la zone euro se sont mis d'accord sur des mesures à court terme pour réduire la dette grecque mais ils restent divisés sur l'objectif budgétaire de la Grèce ainsi que sur la période durant laquelle cet objectif sera valable. Comment réduire le fardeau de la dette ?

Les mesures qui ont été prises par les ministres des Finances hier concernent le « court terme ». Elles portent, selon le « Wall Street Journal », sur l'extension de la maturité de certaines dettes d'une moyenne de 28 ans actuellement à 32 ans, sur le lissage des taux d'intérêt pour éviter qu'une remontée dans les mois qui viennent ne provoque des difficultés pour le pays et sur la levée d'une pénalité de taux d'intérêt due en 2017 sur certains prêts. Ces mesures pourraient réduire la dette d'un cinquième d'ici à 2060, selon le document du MES , le mécanisme qui supervise les prêts de la zone euro de la Grèce , soit environ 200 millions d'euros. Une goutte d'eau comparée aux 315 milliards d'euros de la dette grecque.

Une sortie de la crise grecque ?

Ces mesures dites "de court terme", car elles pouvaient être prises rapidement, "auront un impact très important sur les années et les décennies à venir", a affirmé le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici. Il s'agit d'améliorations assez techniques sur les taux d'intérêt et la maturité de certaines dettes, prévues de longue date et dont l'adoption ne faisait guère de doute.

Sans rien coûter au contribuable européen, leur effet reste très incertain, de l'aveu même de Klaus Regling, le directeur général du mécanisme européen de stabilité.

Elles pourraient en fait n'avoir dans un premier temps qu'un impact limité sur la dette grecque en 2016 qui représente environ 180% du PIB malgré trois plans successifs de soutien financier par l'UE et le Fonds monétaire international (FMI) depuis 2010.

Trop léger pour faire avancer le différend qui oppose depuis plusieurs mois le FMI et la zone euro sur la manière d'extraire la Grèce de six ans de crise

financière, économique et sociale. D'un côté, le premier plaide pour un coup de pouce rapide et décisif sur la dette, sans quoi il refuse de participer financièrement au troisième plan d'aide de 86 milliards d'euros, accordé en juillet 2015.

De l'autre, l'Allemagne, premier créancier parmi les pays de la zone euro, reste campée sur son orthodoxie budgétaire et renvoie à 2018 un règlement de

fond sur la dette, après ses élections législatives prévues en septembre 2017.

Comment rendre la dette soutenable ?

Seul point de convergence possible, faute d'allègement profond de la dette: faire porter tous les efforts par les Grecs, avec de nouvelles mesures

d'austérité, y compris après la fin du programme en 2018. Une approche jusqu'alors "irréaliste" pour le FMI, mais qu'il n'exclut plus, selon une source européenne. "Le FMI joue les pyromanes pour montrer que c'est impossible", explique cette source. Ces âpres négociations ont cependant poussé lundi le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem à insister sur l'objectif budgétaire d'Athènes pour 2018 et "les années suivantes": un excédent primaire (sans la charge de la dette) de 3,5% du PIB, qui imposerait d'"importantes réformes structurelles".

"Absurde", répondent dans un communiqué les services du Premier ministre grec, qui dénoncent les "demandes extrémistes du FMI". Un haut responsable du FMI à Washington a rappelé que le Fonds préférerait un objectif moins ambitieux d'un excédent primaire de 1,5% du PIB, ce qui réclamerait des réformes moins sévères.

"On peut vivre avec 3,5% pendant quelques années", a-t-il concédé, "mais cela va demander des mesures" plus importantes du côté des retraites et des impôts sur le revenu, a-t-il relevé.

Il a regretté que ce soit le FMI que l'on accuse de "pousser l'austérité" alors que le Fonds se dit prêt à accepter des objectifs plus progressifs passant par "un allègement de la dette" de la part des partenaires de la Grèce.

Selon M. Dijsselbloem, ce n'est qu'une fois qu'un accord aura été conclu sur ces réformes que le FMI décidera de participer ou non financièrement au programme d'aide.

Et "il reste de travail à faire", notamment sur la réforme du marché du travail, a-t-il dit.

"Nos équipes seront rapidement à Athènes pour finaliser un accord", probablement début 2017, a ajouté Pierre Moscovici.

L'UE, pressée par les échéances électorales à venir aux Pays-Bas, en France ou en Allemagne, espère régler rapidement la question grecque.

"L'économie grecque a fait énormément de réformes", a réagi lundi soir le ministre des Finances grec Euclide Tsakalotos.

"Il est temps maintenant qu'elles portent leurs fruits", a-t-il ajouté. "Il est très important que toutes les parties, y compris le FMI, ne compromettentpas ces progrès."

A.Grelier

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