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Hommages aux victimes des attentats du 13 novembre et de Charlie Hebdo Place de la République

Argent du terrorisme, une lutte sans fin

3 min
À retrouver dans l'émission

Après les attentats du 13 novembre, la lutte contre le financement du terrorisme est redevenue une question centrale. Poussée par la France, elle fait l'objet de nombreuses mesures nouvelles et législatives, notamment en Europe. Mais les terroristes trouveront toujours des failles.

Hommages aux victimes des attentats du 13 novembre et de Charlie Hebdo Place de la République
Hommages aux victimes des attentats du 13 novembre et de Charlie Hebdo Place de la République Crédits : ARNAUD DUMONTIER - Maxppp

Les attentats du World Trade Center avaient couté plus d'un demi million de dollars et Al Quaeda avait du trouver un moyen d'acheminer l'argent jusqu'aux Etats Unis via des flux financiers complexes.

Se cacher derrière une structure financière opaque est encore possible comme l'a montré le scandale des Panama Papers, mais les terroristes qui ont ensanglanté Paris il y a un an n'ont pas eu à développer la même ingénierie financière.

Ils n'ont pas eu besoin de faire circuler des millions via des trust et des paradis judiciaires. L'argent, ils l'ont trouvé dans les circuits traditionnels.

Selon une note produite par le [Centre d'Analyse du terrorisme](http:// http://cat-int.org/wp-content/uploads/2016/10/Financement-des-Attentats-2015.pdf) en octobre dernier, le budget opérationnel des attentats du 13 novembre s'élève à 82 000 euros, et pour les attentats de Charlie à Hebdo, à 26 000 euros.

Certains articles parlent aujourd'hui d'attentats low cost, d'autres d'autoentrepreneurs du terrorisme. Sur ce plan, l'attentat de Nice a dépassé tous les records. 86 morts, 430 blessés, et selon le journal du dimanche 2500 euros seulement, pour acheter une arme et louer un camion de 19 tonnes.

Plus les sommes sont faibles, plus la surveillance est compliquée.

Même si le paiement en liquide a été limité à 1000 euros en France, les terroristes ont beaucoup d'autres moyens à leur dispositions. Pour les attentats de Charlie Hebdo, ils se sont financés grâce à des crédits à la consommation, le commerce illicite et leur fonds personnel, affirme le centre d'analyse du terrorisme. Les circuits des attentats de novembre sont plus complexe, et combinent un appui en cash de l'Etat islamique, les revenus du bar des frère Abdeslam à Moleenbeck, le fruit d'une collecte organisée en Grande Bretagne.

Pour chacun de ces circuits de financement, les autorités françaises et européennes cherchent des parades mais elles restent limitées.

En France, il n'est plus possible d'obtenir une carte pré-payée sans montrer sa carte d'identité, mais en dessous de 150 euros en Europe c'est encore possible. L'adoption d'une directive sur la lutte contre le blanchiment des capitaux est en cours, et la France plaide à cette occasion pour l'interdiction totale de l'anonymat, mais tous les pays européens n'y sont pas prêts.

Ils trouvent que c'est excessif et pas forcément efficace, explique une fonctionnaire européenne qui suit ce dossier.

  1. le potentiel terroriste peut être inconnu des services de renseignements et donc ne faire l'objet d'aucune déclaration de soupçon,
  2. il peut utiliser des faux papiers,
  3. s'il ne peut utiliser les cartes prépayées, il se tournera vers des circuits encore plus opaques: les monnaies virtuelles, le dark web, le shadow banking.

Dans ce cas, il sera encore plus difficile de remonter les circuits de financement une fois l'attentat mené, or cette recherche permet parfois d'établir des connexions et de déjouer d'autres attentats.

"Quoi que l'on fasse, les terroristes trouveront toujours une faille, m'expliquait fataliste une spécialiste de la lutte contre le blanchiment des capitaux, mais on peut au moins améliorer la coopération en Europe".

C'est la principale avancée depuis un an. Dorénavant, les services de renseignement européens se disent prêt à travailler de concert. On parle aussi de pouvoir croiser certains fichiers, pour faire le lien entre flux financiers, déclarations de soupçon et personnes surveillées, mais rien n'est fait encore. Tous les pays européens n'ont pas le même niveau d'approche de ces risques, et les oppositions institutionnelles sont fortes au nom des libertés individuelles.

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