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Barack Obama, le premier soir de son arrivée en Argentine.

Argentine-USA: finie la rancune

3 min
À retrouver dans l'émission

Barack Obama arrive aujourd'hui en Argentine. Le nouveau président Argentin Mauricio Macri lui tend la main mettant fin à plusieurs années de rancune, en grande partie justifiées.

Barack Obama, le premier soir de son arrivée en Argentine.
Barack Obama, le premier soir de son arrivée en Argentine. Crédits : Reuters

Barack Obama arrive aujourd'hui à Buenos Aires. La dernière visite présidentielle officielle (Bill Clinton) remonte à 1997, et cela fait 11 ans qu'un président américain n'avait pas foulé le sol argentin. Lors de sa visite en 2005, Georges Bush avait été accueilli par des manifestations, des grèves et un rassemblement anti-bush. Cette fois, l'ambiance est nettement différente, en tout cas, au niveau des gouvernements. La Maison Blanche dit vouloir : "accroître la coopération dans le commerce, l'investissement, les énergies renouvelables, le changement climatique et la sécurité des citoyens". Le début, qui sait, d'une nouvelle idylle. C'est clairement le vœu du nouveau président Argentin Mauricio Macri. Élu en décembre, il veut mettre un terme aux années où il était bon de détester les Etats Unis, de la rue, à la présidence. Un ressentiment pourtant justifié.

Affiche dans les rues de Buenos Aires en octobre 2005
Affiche dans les rues de Buenos Aires en octobre 2005

Des années 1920....

Ecoutez le podcast pour vous mettre dans l'ambiance! Vous entendrez un tango des années 20. Dans ces années, on pensait que l'Argentine serait 100 ans plus tard un pays aussi puissant que les Etats-Unis aujourd'hui. Grand pays, plein de ressources naturelles, avec une population en grande partie européenne et éduquée, l'Argentine aurait pu danser le tango d'égal à égal avec les Etats Unis, mais non. Cela ne s'est pas passé comme ça. Je ne vais pas vous résumer un siècle d'histoire argentine en trois minutes, mais si on revient sur les 20 dernières années, les déboires argentins sur le plan économique, sont en grande partie liés aux Etats Unis.

Rien à voir avec Cuba, il n'y a pas eu de volonté américaine d'isoler l'Argentine. Ce sont des choix politiques argentins qui ont donné aux Etats Unis, et surtout sa monnaie, le dollar, un poids démesuré.

... aux années 1990

A la fin des années 80, l'Argentine est toujours en proie à une inflation endémique, elle atteint plus de 1000%. Les dirigeants argentins appliquent alors les théories des économistes américains connus sous le nom de consensus de Washington. Ils décident d'arrimer le peso au dollar. Dans ce système, la banque centrale argentine ne peut créer de la monnaie qu'en fonction des entrées de dollars. Fini donc la planche à billet. Le système fonctionne un moment, mais il met l'Argentine à la merci des évolutions du billet vert. Une succession de crises financières (mexicaine, asiatique, bulle internet) rend progressivement la situation intenable. L'Argentine doit faire appel au Fonds Monétaire International, qui lui retire son aide fin 2001. Incapable de rembourser ses dettes, l'Argentine fait défaut, façon de dire qu'elle est en faillite vis à vis de l'extérieur. Elle n'a plus accès aux marchés des capitaux. La suite on la connait, c'est une crise financière, politique et sociale.

2000 : deux américains cauchemar pour l'Argentine

Plus récemment, c'est encore des Etats-Unis que vont venir les déconvenues. Pas de la Maison Blanche, mais d'un tribunal New Yorkais et du juge fédéral Thomas Griesa.

Le juge Thomas Griesa
Le juge Thomas Griesa Crédits : Maxppp

Pendant quatre ans (de 2001 à 2005), l'Argentine a négocié un accord avec ses créanciers. En 2005, elle sort du défaut au regard des agences de notation, mais en 2012, un magistrat américain, Thomas Griesa, donne gain de cause à deux fonds spéculatifs eux aussi américains, qui s'opposent à cet accord. Voir ici un article de Clarin (en espagnol) sur cette décision. On appelle ces fonds vautours, car ils traquent les entreprises et les Etats en difficulté financière, achètent leur titre de dette à des prix brasés, et utilisent ensuite tous les recours juridiques possibles pour obtenir le remboursement intégral. Le CADTM (Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde) a consacré de multiples articles à ces fonds ici.

Paul Singer, le patron du fond NML, l'un des fonds vautour
Paul Singer, le patron du fond NML, l'un des fonds vautour

A la tête de l'un de ces fonds vautours, un milliardaire américain : Paul Singer. Son tableau de chasse est conséquent, comme le rapporte cet article de Challenge : Pérou, Zambie, République Démocratique du Congo.

En 2014, Thomas Griesa empêche même l'Argentine de payer 500 millions d'euros à ses créanciers comme l'accord le prévoyait, ce qui met de nouveau le pays en défaut partiel. Pour plus de détail, vous trouverez ici une note de la Direction Générale du Trésor Français.

Face à cela, l'ancienne présidente Cristina Kirchner a répondu par la non négociation et la fermeture du pays. Aujourd'hui, Mauricio Macri fait exactement l'inverse. Il a levé le contrôle des changes, négocié avec les fonds vautours. Aujourd'hui il tend la main aux Etats-Unis. De l'investissement étranger dans son pays dépend la réussite de sa politique économique. Vous pouvez maintenant écouter et lire ce billet: Big Bang libéral en Argentine.

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