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Après Hollande et Renzi, le président Argentin accueille Barack Obama

Big Bang libéral en Argentine

3 min
À retrouver dans l'émission

Après s’être fermée pendant les années Kirchner, l’Argentine cherche à reprendre sa place dans la mondialisation. Pressé, le nouveau président Argentin applique un traitement de choc dont le succès dépendra en partie des investissements étrangers. Risqué.

Après Hollande et Renzi, le président Argentin accueille Barack Obama
Après Hollande et Renzi, le président Argentin accueille Barack Obama Crédits : Reuters

Alors que quasiment tous les pays du monde embarquaient dans un mouvement de mondialisation à tendance libéral, l'Argentine a fait le chemin inverse dans les années 2000. N'ayant plus accès aux marchés financiers depuis sa mise en faillite, le pays a érigé des barrières réglementaires, financières et tarifaires inédites pour un pays de cette taille (40 millions d'habitants) et surtout si ouvert auparavant.

Contrôle des capitaux, taxe aux exportations, contrôle et limitation des importations, refus de négocier avec les fonds vautours sur la dette... à peine 100 jours après son élection, Mauricio Macri a déja fait voler tout cela en éclat. Alors que l'administration précédente avait privilégié les liens avec la Chine, le Vénézuéla et l'Iran, il renoue avec les Etats-Unis, autrefois détesté (en partie à raison, comme le relate ce billet d'hier: USA-Argentine : finie la rancune.

Un Big Bang aussi social

Le président Argentin hérite d'un budget avec un déficit supérieur à 8% du PIB. La croissance est proche de 0, elle fût même négative en 2014. Il a donc réduit les dépenses. Les subventions à l'énergie ont été supprimées. Du jour au lendemain, les Argentins ont vu exploser leur facture d'électricité.

Ces dernières années, et encore plus dans la période électorale, l'ex présidente Cristina Kirchner avait beaucoup recruté dans la sphère publique. Ces fonctionnaires inutiles ont même un surnom en Argentine m’a-t-on dit, on appelle ça les gnocchis, ne me demandez pas pourquoi! Là encore Mauricio Macri a fait le ménage dans ces emplois fictifs ou clientélistes. Il y aurait eu 20 000 postes supprimés dans le public rien qu'en janvier selon l'étude d'un cabinet indépendant Tendencias Economicas (voir ici un article en espagnol de la Nacion pour plus de détails). Le gouvernement dément mais il ne peut fournir ses propres chiffres, les statistiques publiques ayant perdu toute crédibilité depuis longtemps.

Toujours selon cette étude, ces destructions d'emplois augmentent avec le temps. En février, c'est dans le privé qu'elles sont les plus fortes, 55 200 emplois disparus. Le protectionnisme avait au moins une vertu : protéger l'industrie locale et tout un tissu de PME peu compétitives.

Le président Argentin compte sur les investisseurs étrangers pour compenser cette hémorragie, voilà pourquoi il est si pressé. Le président américain l'a lui même souligné hier comme le relate ce tweet*.
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Où investir en Argentine?

Pour répondre à cette question, rien de mieux qu'un petit tour sur le site officiel de promotion argentin des investissements à destination des étrangers. Réclame!!

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Croître avec l'Argentine, c'est le message de cette vidéo qui montre des images de citrons, de vin, de champ de pétrole, et d'usine automobile. Agroalimentaire, matière première, ce sont effectivement les secteurs clé de l'économie argentine, selon BNP Paribas (voir ici un panorama complet des raisons d'investir dans ce pays).

Ce qui est assez cocace, c'est que le site officiel argentin de promotion des investisseurs n'a pas été mis à jour depuis l'élection. On y retrouve donc vantée la politique et les résultats économiques des années Kirchner

Clairement il y a des opportunités en Argentine, sinon, Obama, Renzi et Hollande ne s'y serait pas précipités. Mais le réseau électrique et les routes sont dans un très mauvais état, il y a des pannes d'électricité récurrentes, même dans la capitale. Le secteur bancaire est mal en point, et l'inflation toujours galopante, avec des salaires, qui augmentent potentiellement d'autant, c'est à dire 30% par an.

Le défi pour la nouvelle administration est donc énorme. On sent qu'elle est prête à tout pour attirer les étrangers, et c'est là qu'il y a un risque. Dans un pays où la corruption est quasiment une tradition politique, on ne sait pas comment l'administration Macri va se comporter. Et si le nouveau président suivait le chemin de Carlos Menem, président de 1989 à 1999, qui avait bradé le pays au privé et aux étrangers? Cela avait conduit ensuite à la crise des années 2000, et au retour du péronisme version Kirschner...

Ce big bang économique, est-ce le début d’une nouvelle histoire ou l’histoire qui se répète?

Chroniques

6H50
8 min

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