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Souhaitez vous que le RU reste dans l'UE? Autocollant pro-Brexit

Brexit 1 : l'Economie vote contre

3 min
À retrouver dans l'émission

A un mois du référendum sur l'appartenance du Royaume Uni à l'UE, la campagne fait rage. L'un des argument massue des pro-UE est économique. Les pro-Brexit dénoncent un chantage à la peur mais les anti-Brexit ont raison sur un point : l'incertitude n'est pas bonne en économie.

Souhaitez vous que le RU reste dans l'UE? Autocollant pro-Brexit
Souhaitez vous que le RU reste dans l'UE? Autocollant pro-Brexit Crédits : Phil Noble - Reuters

Au Royaume Uni une telle affirmation me vaudrait une salve d'insultes, ici aussi peut être on verra... Par ce titre, je veux dire que les opposants à la sortie du Royaume Uni de l'Union Européenne ont un argument pour eux, l'argument économique.

A un mois du référundum la campagne fait rage outre-Manche, et l'économie est un de ses éléments clefs. Vous trouverez ici en anglais une tribune écrite par David Cameron et Georges Osborne (ministre des finances) sur les coûts du Brexit.

Cette semaine, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, a était auditionné par les parlementaires britanniques, et il a été pris à parti par des pro-Brexit qui l'ont accusé d'être partisan. Très droit dans ses bottes, Mark Carney, un canadien, c'est intéressant de savoir qu'il n'est pas citoyen britannique et ne votera pas, a tenu bon, en maintenant qu'un Brexit entraînerait une récession technique. Vous trouverez ici l'étude faite par la Bank of England et publié en octobre (en anglais): EU membership and the Bank of England.

Ci dessous un tweet qui ouvre sur une vidéo dans laquelle Mark Carney répond aux accusations.

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Il existe des dizaines et des dizaines d'études sur les conséquences économiques du Brexit. Ici en anglais, une étude menée pour le compte d'une entreprise financière en propose une synthèse. Ici un article du Financial Times avec des graphiques.

Certaines de ces études tablent sur une contraction du produit intérieur brut qui peut aller jusqu'à 10% du PIB. La confédération des industries britanniques, pro UE, évoque elle 4 à 5% de PIB en moins. Le ministère des finances, pro UE, 3 à 6% mais en face, mais en face, vous avez des études qui disent le contraire. L'une d'elle menée pour UKIP, le parti indépendantiste évalue à 10% le coût de l'adhésion de la Grande Bretagne à l'UE, et estime donc que le PIB britannique pourrait augmenter d'autant.

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10% de PIB en ou en -?

10% de moins d'un côté, 10% de plus de l'autre, la preuve, si vous n'étiez pas convaincu, que l'on peut faire dire ce qu'on veut aux études économiques, et qu'il faut toujours appliquer le fameux doute cartésien quand on en a une entre les mains!

Comment expliquer un tel écart? Parce que chacun des camps échafaude des scénari différents pour les mois qui suivraient un vote sortant.

Les partisans du Brexit ont comme hypothèse que la Grande Bretagne pourra pratiquer une forme de ce qu'on appelle le PICK and CHOOSE, c'est à dire "de l'Union européenne je garde ça, les accords commerciaux, je laisse ça, les réglementations, je garde ça, la main d'oeuvre qualifiée, je laisse ça la contribution au budget etc etc...

Mais ça n'est pas si simple. L'UE aura intérêt à négocier un accord commercial avec la Grande Bretagne car elle lui exporte plus de biens qu'elle n'en importe (le premier exportateur outre-Manche est l'Allemagne), mais c'est vrai pour les biens industriels, pas pour les services, notamment financiers.

Francfort Paris Dublin Luxembourg pourraient bénéficier d'un Brexit alors que la City de Londres a beaucoup à perdre. 68% du commerce mondial libellé en euro se fait depuis Londres. Il reste beaucoup d'avantages compétitifs à la City, les pro-Brexit ont raison, mais si elle ne peut plus être la porte d'entrée d'un marché de 500 millions de consommateurs, cela va faire mal, et c'est très difficile à évaluer.

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Autre vérité que l'on sait peu: les pays de l'espace de libre échange économique que pourrait rejoindre le Royaume Uni (Norvège, Islande Norvège) participent au budget de l'Union européenne. Oui oui. Quelques centaines de millions d'euros par an. Comparé aux 7 milliards actuels versés par la Grande Bretagne, c'est peu, on est d'accord, mais cela veut dire que les Britanniques n'en auront pas totalement fini avec le budget européen.

Côté anti-Brexit, les calculs ne sont pas non plus totalement honnêtes parce qu'ils noircissent le tableau dans l'autre sens, et vont jusqu'à imaginer que la GB sortirait de l'OMC et rétablirait toutes les barrières commerciales. Sans compter les arguments infantilisants.

Selon Cameron, coût de la sortie de l'UE, 4300£ pour chaque ménage d'ici 2030
Selon Cameron, coût de la sortie de l'UE, 4300£ pour chaque ménage d'ici 2030 Crédits : Oliver Will - Maxppp

Dernier en date, David Cameron a expliqué aux vacanciers que cela  pourrait leur coûter 230 livres de plus de voyager en Europe cet été.  Des arguments pour faire peur répond le camp du NON, ce qui donne lieu à quelques tweets ironiques, même chez nous.

Avantage aux anti-Brexit malgré tout

Les partisans du maintien de l'adhésion de la Grande-Bretagne ont un argument pour eux, central, incontestable. On ne sait pas ce qu'il va se passer!

Si le vote pour le Brexit l'emporte, une longue période d'incertitude va s'ouvrir. Les négociations avec l'UE pour ce départ prendront minimum deux ans (durée fixée par les traités) mais c'est un minimum quand on imagine la complexité de l'opération.

Pendant cette période, les agents économiques ne sauront plus sur quel pied danse

  • Quel sera le tarif douanier pour tel et tel produits?
  • Moi entreprise américaine ou coréenne, devrais-je bouger mon siège social pour bénéficier de l'accès au marché européen?
  • Quid du taux de change?????

L'incertitude n'est pas bonne pour l'économie, c'est d'ailleurs pour cela que vous avez tant d'économistes chers payés à faire des prévisions et anticiper l'avenir. Ce n'est pas être partisan que de dire cela, c'est une réalité.

Que cela n’empêche pas les Britanniques de voter pour la sortie de l'UE, l'économie n'a pas à être l'alpha et l'omega de toutes décisions dans la vie, mais qu'ils se préparent. Cela va être volatile. Vous l'imaginez bien, cette incertitude peut être source de profit. La prochaine fois je vous expliquerai comment on peut spéculer sur le Brexit.

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