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Vendu par Alstom en 2008 à un Norvégien, revendu en 2010 au Coréen, le chantier naval de Saint Nazaire pourrait devenir italien.. ou chinois...ou ..?

Chantier naval de Saint Nazaire cherche repreneur

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Le chantier naval de Saint Nazaire a été mis en vente cette automne par la justice coréenne du fait de la quasi faillite de leur propriétaire, le groupe Coréen STX. Le pôle français est rentable, mais la situation sociale reste précaire.

Vendu par Alstom en 2008 à un Norvégien, revendu en 2010 au Coréen, le chantier naval de Saint Nazaire pourrait devenir italien.. ou chinois...ou ..?
Vendu par Alstom en 2008 à un Norvégien, revendu en 2010 au Coréen, le chantier naval de Saint Nazaire pourrait devenir italien.. ou chinois...ou ..? Crédits : OLIVIER LANRIVAIN - Maxppp

C'est un chantier hors norme, avec notamment une ligne de production de plus de 1 kilomêtre de long: l'une des plus grandes chaines de production d'Europe.

150 ans d'histoire, et des navires de plus en plus gigantesques. Du Normandie au HARMONY OF THE SEA, le plus gros paquebot du monde, 360 mètres de long, plus de 6000 passagers à bord, véritable immeuble flottant made in France.

Faits en France, mais depuis 2008, le propriétaire des chantiers navals de Saint Nazaire est coréen, or ce groupe va très mal. Il n'a pas su faire face à la concurrence chinoise et à la baisse des commandes des armateurs, liée à la baisse du traffic mondial de marchandises. Depuis cet automne, ce groupe qui se nomme STX Offshore and Shipbuilding est en liquidation.

Situation paradoxale pour la branche française de Saint Nazaire STX FRANCE, car aujourd'hui, elle va très bien. Cela n'a pas toujours été le cas, mais depuis deux ans, les chantiers embauchent. Ils comptent aujourd'hui 2500 salariés en CDI et font travailler plus de 5000 sous traitants.

Le carnet de commande est rempli jusqu'en 2026, et à Noël, STX France a confirmé la commande de 4 nouveaux paquebots par des croisiéristes anglo-saxons.

Seule filiale rentable du groupe Coréen, STX France espérait connaitre son repreneur aujourd'hui, la justice coréenne devait l'annoncer ce matin, mais finalement l'incertitude demeure, un porte parole du tribunal qui gère le dossier à Séoul a reporté cette annonce à une date indéterminée.

NB: Deux heures après la diffusion de ce billet, la justice coréenne a finalement communiqué le nom du repreneur retenu. Il s'agit d'un groupe italien (en partie publique), le groupe Ficantieri.

La justice sud-coréenne a retenu le constructeur naval italien Fincantieri comme candidat préféré à la reprise du chantier naval STX France de Saint-Nazaire, a annoncé mardi un porte-parole du tribunal gérant ce dossier. "Le tribunal est parvenu à une décision cet après-midi", a déclaré à l'AFP le juge Choi Ung-Young, qui fait office de porte-parole du tribunal de commerce du district central de Séoul."

Un dossier chaud de plus pour l'exécutif français

L'Etat Français est actionnaire à 33% de STX France. Il est donc directement concerné par l'identité du prochain repreneur. En octobre, le ministre de l'économie Michel Sapin a affirmé qu'il disposait des outils nécessaires pour faire valoir les intérêts de la France et éviter qu'un grand chantier comme celui ci ne tombe entre les mains d'un actionnaire qui pourrait mettre en cause notre indépendance.

L'indépendance dont il est question est plus que stratégique, puisque le chantier naval de saint Nazaire est aujourd'hui le dernier en France à pouvoir construire des bateaux militaires de grande taille, comme des porte-avions. Ce n'est pas à l'ordre du jour pour le moment, mais cela pourrait l'être à l'avenir.

Le dossier n'est donc pas qu'économique. Avec les élections qui approchent, il peut devenir un sujet de polémique politique. Dernièrement, le Front national appelle à la nationalisation du chantier naval.

C'est aussi la demande répétée du syndicat Force Ouvrière qui alerte le gouvernement sur ce sujet depuis le mois d’août dernier.

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L'Etat l'a cependant exclu au mois d'octobre.

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Tous les syndicats ne défendent pas la nationalisation...

La CFDT ne se prononce pas sur l'identité du repreneur et plaide plutôt pour une solution rapide pour mettre fin à l'incertitude. Quand à la CGT, majoritaire sur les chantiers, son secrétaire général à STX France, considère que la qualité de l'actionnaire n'est pas primordiale, ce qui compte pour lui c'est sa politique sociale.

Or la tendance actuelle, sur les chantiers navals, mais pas uniquement, c'est le recours massifs aux salariés détachés. Ils représentent entre 15 et 30% des travailleurs présents sur le site, un chiffre reconnu par la direction et que n'a jamais critiqué l'Etat actionnaire, s'énerve Sébastien Benoit.

"L'Etat est représenté au conseil d'administration, dans un groupe qui embauche à des taux horaires inférieurs au SMIC (NDLR: si on tient compte des diverses primes qui devraient normalement s'ajouter au salaire). Quand l'Etat dit vouloir montrer ses muscles pour défendre ses intérêts, il parle de quels intérêts? Ses intérêts militaires? D'actionnaires? Ou celui des salariés? Nous, on a déjà la réponse".

Début décembre, les salariés ont débrayé 45 minutes. Ils protestaient contre l'augmentation de leurs salaires de 0.6% en 2016.

"Avant, c'était le carnet de commandes qui ne permettait pas, selon la direction, d'augmentations salariales. Aujourd'hui, il est rempli pour dix ans, donc on nous dit que c'est la situation et la vente du site qui ne les permettent pas, ce n'est pas acceptable", a déclaré à l'AFP Nathalie Durand-Prinborgne, déléguée Force ouvrière".

Finalement, les salaires seront augmentés de 0.7%. Le prochain repreneur aura-t-il une meilleure politique sociale? La CGT en doute, et note que Fincantieri, le groupe italien potentiellement seul repreneur (et finalement retenu) fait lui appel à 65% de travailleurs détachés.

Si vous aimez les paquebots, il y a cette vidéo :)

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