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En volume, le PIB a retrouvé son niveau d'avant crise

Croissance surprise en Europe

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À retrouver dans l'émission

L'année avait mal commencé: inquiétude des marchés financiers, doute sur la croissance chinoise, pressions déflationnistes liées au bas prix du pétrole. Trois mois après, Eurostat a publié des statistiques encourageantes pour l'année 2016. Peut-on les croire?

En volume, le PIB a retrouvé son niveau d'avant crise
En volume, le PIB a retrouvé son niveau d'avant crise Crédits : IDE

Ce fut la surprise de la fin de semaine. Vendredi dernier Eurostat, l'institut de statistique européen a publié les chiffres de la croissance pour le premier trimestre de l'année, et alors que le début avait mal commencé, vous vous souvenez des unes alarmantes sur le dévissage des marchés financiers, les bulles qui allaient bientôt exploser, la politique de la banque centrale européenne inéfficace, les menaces venues de toute part, la Chine, le Brésil, la situation géopolitique au Moyen Orient... j'arrête là cette liste, mais on pourrait la poursuivre encore longtemps.

Malgré tout cela, la croissance du PIB en Europe a été multiplié par deux entre le dernier trimestre 2015 et les trois premiers mois de 2016. 0.5% de croissance pour les 28, 0.6% pour la zone euro, et surtout symboliquement, le PIB européen en volume a retrouvé son niveau d'avant la crise. Cela aura pris 7 ans, mais voilà, ça s'est fait.

Ca n'est pas une réelle surprise, la tendance était là, nous en avions parlé d'ailleurs dans le billet économique du 15 janvier, avec des bémols d'ailleurs. "Les paradis artificiels de la reprise économique européenne".

Une hirondelle ne fait pas le printemps...

"One swallow does not make a summer", c'est cette phrase qu'ont choisi les analystes de la Barclays pour commenter ces chiffres. Ces analyses s'adressent aux acteurs des marchés financiers, aux milieux économiques, chaque banque fait les siennes, elles donnent souvent le la, et là justement, la prudence est de mise nous disent les économistes de la Barclays qui écrivent

"En raison du manque de données, il est difficile d'analyser cette bonne surprise".

Alors effectivement, les chiffres publiés vendredi inaugurent une nouvelle façon de procéder pour Eurostat. Au lieu de publier ses statistiques 45 jours après la fin du premier trimestre, elles sont publiées dorénavant 30 jours après. Comme aux Etats Unis. Et du coup, c'est vrai, le communiqué de presse d'Eurostat est passé de 6 à 2 pages qui en fait se réduit à 1 la deuxième page n'évoquant que des questions de méthodologie. Cette page donne en gros deux chiffres, la croissance du PIB au premier trimestre et l'évolution de ce chiffre par rapport au trimestre précédent.

Avant il y en avait plusieurs centaines, presque 500, j'ai compté. Voir ici le communiqué d'Eurostat "ancienne méthode".

Il y avait le détail par pays, et il y avait surtout le détail de la composition du PIB: les dépenses des ménages, des administrations publiques, la formation brute de capital fixe, les exportations, les importations, autant de données qui permettaient aux analystes divers et variés d'étoffer leur analyses. Là, ils sont secs visiblement , ne peuvent que "croire", c'est le mot qu'ils emploient, que c'est la hausse de la consommation des ménages qui tire cette croissance vers le haut et du coup, ils restent circonspects en se demandant si la suite de l'année sera aussi bonne que le début et attendent avec impatience les détails qui arriveront mi mai.

Ci-dessous une vidéo de la commission européenne qui explique les raisons de la reprise économique européenne.

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Et la France dans tout ça...?

La France est justement le seul pays pour lequel on dispose de statistiques complètes pour ce premier trimestre. Le PIB a cru de 0.5%, en ligne avec les prévisions du gouvernement, et surtout les entreprises ont augmenté leurs investissements d'1.6%, du jamais vu depuis 2011. On a donc le premier effet attendu de toutes les mesures en faveur des entreprises, CICE, pacte de responsabilité, etc... il n'y a plus qu'à attendre celui qui nous était promis dans un second temps : l'effet embauche.

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