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Qui va financer les nouveaux projets dans les transports ?

Des assises de la mobilité pour redéfinir la politique des transports

3 min
À retrouver dans l'émission

A la recherche de clés de financement multiples.

Qui va financer les nouveaux projets dans les transports ?
Qui va financer les nouveaux projets dans les transports ? Crédits : Jean-Pierre Clatot - AFP

Pas de grands programmes de transport, mais une "pause" des grands projets de liaison grande vitesse Lyon-Turin, et Bordeaux-Toulouse, de même que le canal Seine-Nord. Projets qui se chiffrent en milliards d'euros.... IL va falloir trouver des de financements supplémentaires, car il manquerait 7 milliards pour réaliser les chantiers annoncés. Au total, une dizaine de milliards en intégrant le coût de la maintenance des infrastructures, route , rail, et voie navigable. L'enjeu est de mobiliser des financements sur la durée, privilégier le transport quotidien de proximité, en rebondissant sur d'autres modes de transport qui soient commodes et moins polluants… Ce qu'on appelle "les nouvelles mobilités".

On peut déjà penser que les grands opérateurs des transports vont devoir se redéployer pour participer aux nouveaux chantiers...Particulièrement la SNCF qui va devoir faire des choix : oublié le « tout TGV » mais avec un nœud de difficultés lourdement chargé en région Ile de France où la SNCF se retrouve en concurrence sur certaines zones avec la RATP. Le défi sera double puisqu’elle aura à transformer son réseau au moment où l’ouverture à la concurrence se rapproche dans son agenda. A la vue de son endettement, 40 milliards actuellement, les choix ne seront pas évidents, car la dette pourrait augmenter de 2 milliards par an…Il faudra donc trouver de nouvelles clés de financement, et revoir l’implication des collectivités locales dans les liaisons de proximité. Comme il est aussi question de ranimer les liaisons routières dans les territoires ruraux, c’est la politique des bus, concurrents du rail, qui va aussi poser question.

D’autres opérateurs devraient monter en puissance pour d'autres formes de mobilité sur route...Ils sont attendus de toute façon mais les expériences de co-voiturage ont leurs limites. Elles s’inscrivent dans la prolongation d’un parc automobile prédominant…Les nouveaux projets parient surtout sur de nouvelles formes d’exploitation du parc automobile : mutualisation de flottes de collectivités, par exemple, mais sur la base d’un parc rajeuni et dépollué, ce qui signifie l’application de nouvelles normes…Or, plus il y a de normes, plus les coûts montent, du moins dans un premier temps….

Il faudra donc trouver des clés de financement multiples, et les répartir de manière équilibrée. Ce sera le prélude à des arbitrages forcément difficiles d’autant plus que le lancement d’une nouvelle politique de mobilité devra composer avec les chantiers précédemment lancés…Y compris un chantier comme "le Grand Paris", le passage de 200 à 400 km de métro. Dès lors, il va être nécessaire de redessiner les contours d’une nouvelle carte des transports plus fonctionnelle tout en étant plus écologique….

Première difficulté: un réseau très connecté, c’est l’objectif, mais en évitant l’inflation des normes.... Seconde difficulté : trouver une clé de répartition qui évite de reporter le coût des dépenses d’investissements soit vers l'usager, soit vers le contribuable… A défaut de créer de nouvelles taxes sur les transports routiers.

Trois mois d’échanges ne seront pas de trop pour déboucher sur une panoplie de recommandations.

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