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Les taux négatifs pratiqués par la BCE ont aussi des effets sur les marchés financiers japonais (où les taux sont également négatifs)

Des taux négatifs au krach obligataire?

3 min
À retrouver dans l'émission

Les taux négatifs sont la conséquence de la crise financière et de la politique des banques centrales des pays du Nord, notamment la Banque Centrale Européenne. Comment ça marche, quels sont les risques si les taux remontent, sommes-nous concernés?

Les taux négatifs pratiqués par la BCE ont aussi des effets sur les marchés financiers japonais (où les taux sont également négatifs)
Les taux négatifs pratiqués par la BCE ont aussi des effets sur les marchés financiers japonais (où les taux sont également négatifs) Crédits : FRANCK ROBICHON - Maxppp

"Ah, si j'avais un francs cinquante, j'aurais bientôt deux francs cinquante" chantait Boris Vian dans les années .... C'était le temps ou l'argent était sur de faire des petits. Aujourd'hui ce n'est plus toujours le cas.

Pour comprendre, il faut entrer dans les arcanes de la politique monétaire.

En temps normal, les banques font appel à d’autres banques quand elles ont besoin de liquidités, c’est à dire d’argent immobilisable immédiatement pour mener à bien leurs différentes opérations.

On appelle cela le marché interbancaire. Ce marché fonctionne grâce à la confiance.

Il faut que la banque A croit en la capacité de la banque B de lui rendre l’argent prêté pour qu’elle le lui prête. Quand Lehman Brother a fait faillite en 2008, cette confiance a disparu, et plutôt que de se prêter de l’argent entre elles, les banques l’ont entreposé à la banque centrale européenne. Elles pouvaient déja le faire avant, mais elles le faisaient peu.

En 2008, le montant déposé de ce qu’on appelle les réserves excédentaires dépassait à peine le milliards d’euros. Aujourd’hui, il dépasse les 950 milliards selon ce calcul mené par l'OFCE. C’est la preuve que la confiance n’est toujours pas revenu entre les banques.

C’est sur ces 950 milliards que la BCE impose un taux négatif depuis 2014, pour dissuader les banques de stocker leur argent chez elle. Aujourd'hui ce taux négatifs est de -0.4%. Le but était de relancer le marché interbancaire moribond, et de provoquer une baisse plus large des taux d’intérêt qui pourraient avantager les entreprises et les ménages. Cette baisse a bien eu lieu, si votre banque exige un taux inférieur à 2% pour un emprunt à 20 ans, c’est lié à cette politique de taux négatifs mise en place par la BCE.

Politique mise en oeuvre auparavant par la Fed, et qui a donné lieu à cette vidéo satyrique qui répète en boucle: "les taux vont-ils remonter". De fait les taux des crédits immobiliers sont en train de remonter aux USA et vont encore plus remonter avec la dernière décision monétaire de la Fed.

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La BCE a fait plus que cela encore pour tirer les taux vers le bas. Elle s’est mise à acheter des dettes d’Etat, en langage financier on parle de QE, quantitative easing.

QE et baisse des taux

Actuellement, la BCE achète chaque mois sur les marchés de dette, plus de 80 milliards d'euros d'obligation d'Etat, de tous les Etats européens, sauf de la Grèce.

C’est en partie grâce à cela que les taux d’intérêt auquel la France emprunte pour financer sa dette n’ont jamais été aussi bas. En 2016, cela a permis à la France de faire 4 milliards d'économie sur sa charge de la dette. Voir ici un précédent billet sur le sujet: “Le monde merveilleux des taux négatifs”.

Mais, comme toute médecine de choc, ces taux négatifs ont des effets pervers. Pour compenser leurs pertes liées à ces taux négatifs, des banques ont augmenté leur frais de tenue de compte. Vous avez du le remarquer.

Quand aux assureurs, ils ont bien du mal à servir les intérêts promis sur les contrats d’assurance vie, et cherchent des produits plus rentables, et plus risqués.

Dans les pays qui ont imposé un système de retraite par capitalisation, certains fonds de pension sont au bord de la faillite, d’autres vont devoir exiger de plus gros versement pour garantir les retraites. Ce n’est pas le cas en France mais en Grande Bretagne, aux Pays Bas, et en Allemagne. Voilà pourquoi l’Allemagne critique avec tant de force la politique de la BCE, car elle défavorise les épargnants retraités au profit des plus jeunes sans patrimoine.

Certains économistes lui reproche d'avoir alimenté une nouvelle bulle financière qui pourrait éclater quand les taux des obligations se remettront à augmenter. On appelle cela un krach obligataire. Or, cette remontée est en cours. Ce qui aura potentiellement un impact négatif sur la dette de la France dont nous parlerons dans le billet économique de demain.

Pour aller plus loin sur les taux négatifs, je vous conseille ce recueil très intéressant, diffusé en janvier 2016 par un think tank (l'institut Messine) et intitulé : Taux d'intérêt négatifs, 12 regards. Avec notamment celui de Michel Aglietta, Ramon Fernandez (l'ancien directeur du Trésor), ou Philippe Heim directeur financier de la Société Générale.

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