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Deux projets d' Airbus plutôt qu'un seul: l'un dans le ferroviaire, l'autre dans le naval

3 min
À retrouver dans l'émission

Alstom-Siemens à l'heure de la fusion. L'alliance Fincantieri et STX-France en projet.

C’est l’entrée en force de deux grands projets de fusion, l’ un sur mer, l’autre sur terre qui polarisent l’attention des acteurs économiques et politiques de l’Europe. D’un côté un projet « Airbus de l’industrie navale » porté par Bruno Lemaire, le ministre de l’industrie, de l’autre un « Airbus ferroviaire » issu d’un rapprochement Siemens-Alstom qui est en passe de se constituer. On voit les acteurs presser le pas dans ces deux dossiers fort sensibles. Le rapprochement sur le ferroviaire entre la France et l’Allemagne à travers un projet de fusion qui vient d'être approuvé par les conseils d’administration d’Alstom et Siemens hier soir. De l’autre, le rapprochement entre les constructeurs de Naval group, côté français et Fincantieri coté italien, qui permettrait de déboucher sur un accord autour des chantiers STX de Saint-Nazaire.

Dans les deux cas, les discussions se sont intensifiées depuis ces derniers mois. C’est qu’entre les deux projets d’airbus ferroviaire et naval, il y a l’expansion des intérêts chinois. La Chine qui a mis sur les rails un géant du ferroviaire avec le groupe CRRC. La Chine monte aussi en puissance dans le secteur naval. En face les Européens, s'il restent dispersés, perdent du terrain. Mariés, en revanche, ils se donnent des chances de compter dans la concurrence mondiale. Dans les deux cas, on entend les pouvoirs publics parler de « mariage entre égaux . La formulation est élégante, mais est-elle bien réelle ? On devrait le savoir assez rapidement s’agissant du rapprochement entre Fincantieri et les chantiers de St-Nazaire, objet d’un sommet entre les représentants des deux pays, qui se tient à Lyon ce jour même. Les deux partenaires pourraient entrer dans une alliance de type Renault-Nissan, sous forme de participations croisées. Une co-entreprise en somme, qui dégagerait de forte synergies…Mais Laissera-t-on la gouvernance aux Italiens ? Rome tient à contrôler 51 % du capital. Cest tout l'enjeu de l'accord attendu d'essayer de dépasser les querelles de frontières en élargissant au maximum le périmètre de l'alliance en incluant la défense navale.

STX-France dans l'attente d'un mariage avec l'Italien Fincantieri
STX-France dans l'attente d'un mariage avec l'Italien Fincantieri Crédits : Citizenside / Caroline Paux - AFP

Mais sur le projet d’Airbus naval, les états italien et français devraient rester au capital des entreprises. Ce n’est pas le même scénario qui vient d'être retenu pour le projet Alstom-Siemens. Alstom où le groupe de BTP , Bouygues, premier actionnaire français, ne siègera pas au conseil, et pourrait se retirer. En l'état, l’accord prévoit que l’allemand Siemens détiendra 50 % d’un nouvel ensemble où les deux entreprises sont complémentaires. L’égalité du couple est sauve en apparence: la nouvelle entité aura son siège en région parisienne et cotée en France, sous la direction du Français Henri Poupart-Lafarge. Sauf que Siemens disposera de la majorité au conseil d'administration, que l'activité la plus rentable, la signalisation, sera basée outre-Rhin. C'est l'Allemagne qui va se retrouver en position de pilotage du nouvel ensemble. Certes, des garanties sont annoncées sur la préservation des sites et de l'emploi mais mais ces garanties devraient tomber d'ici quelques années.

Dans l'immédiat, on voit que l’intérêt de l’opération est surtout d’éviter que la Chine ne fasse l’acquisition d’un grand opérateur sur le marché européen. Contre-balancer l'influence de groupes chinois, c'est aussi le sens de l'alliance qui se profile dans le secteur maritime entre l'italien Fincantieri et les constructeurs de STX France.

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