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Peter Hartz, inspirateur des réformes pour flexibiliser le marché du travail.

France-Allemagne, deux expériences de réforme du marché du travail

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À retrouver dans l'émission

Deux cultures différentes de la négociation collective pour un même objectif.

Peter Hartz, inspirateur des réformes pour flexibiliser le marché du travail.
Peter Hartz, inspirateur des réformes pour flexibiliser le marché du travail. Crédits : Peter Steffen - Maxppp

Il existe un certain nombre de convergences entre les réformes engagées en France et celles qui ont été menées outre-Rhin au cours de la dernière décennie. Où l’on voit des convergences, mais pas seulement ...Car les relations sociales sont fort différentes entre les deux pays: La France privilégie les accords nationaux, alors que ce sont les négociations de branches qui priment outre-Rhin. Pour autant, les accords d'entreprise peuvent déroger à certaines dispositions, souvent sur le mode: sauvegarde de l'emploi en contrepartie d'une hausse de la durée de travail...Il y a donc bien deux cultures différentes, mais c'est sur un autre plan que bien des rapprochements peuvent être faits…L’appel, en France, d’un nouveau gouvernement à transformer le pays, en allant au-delà des seules réforme et, en miroir celui de l’ex chancelier social-démocrate, Gerhard Schröder qui, en 2003, a appelé à faire des réformes difficiles : avec plus de cinq millions de chômeurs, comme la France aujourd’hui, et des dépenses publiques qui explosaient, l’Allemagne était l’homme malade de l’Europe. Elle sortait il est vrai de la réunification, mais en titubant…

Quelles similitudes avec la France d’aujourd’hui ? Déjà la volonté de retrouver une compétitivité qui battait de l’aile, et de le faire rapidement sous la forme d’un agenda : "l’agenda 2010", un calendrier de réformes que va mettre en route son inspirateur Peter Hartz, qui va donner son nom à une série de lois remodelant le marché du travail…. Il s’agit d’un paquet de quatre réformes qui conduisent à diminuer la durée d’indemnisation du chômage, à faciliter les licenciements, à baisser les charges des entreprises…Un scénario un peu voisin de celui qui est est en train de se jouer sous nos yeux en France aujourd’hui. Surprise des organisations syndicales alors, d’autant plus que l’homme-orchestre de cette réforme, Peter Hartz est socialiste, qui plus est membre du puissant syndicat Ig-Metall. Il vient de l’entreprise, précédemment DRH chez Volkswagen, comme aujourd’hui, celle qui tient le ministère du Travail en France, Muriel Pénicaud, ex DRH chez Danone, est issue de l’entreprise.

Il n’empêche que, lorsqu'elle est annoncée en Allemagne, la réforme surprend les syndicats…Elle est accueillie par des manifestations dans le pays, sauf que ça ne prend pas vraiment et le gouvernement réussit à engager son programme au bout duquel le chômage recule fortement, il résiste même aux effets calamiteux de la crise financière de 2008. Cette réforme a sans doute coûté la réélection à Gerhard Schröder, mais elle a donné des résultats, quand bien même il s'en est suivi une montée en flèche des contrats courts, du travail intérimaire, du temps partiel, avec la banalisation des mini jobs.

Cette réforme n’en a pas moins contribué au redressement rapide de l’Allemagne, laquelle a retrouvé sa compétitivité et à faire remonter le pouvoir d’achat moyen des salariés, aujourd’hui nettement supérieur à la France. Quelles que soient les critiques, on voit que le pays dispose de nouveau de la capacité à se désendetter et à redistribuer.

Le faire ou pas, c’est un choix de politique économique et sociale.

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