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Parade du Carnaval dans les rues d'Athènes, le 19 février 2017

Grèce : qui veut un Grexit?

3 min
À retrouver dans l'émission

Nouvelle réunion cruciale pour la Grèce à Bruxelles. C'est la dernière fenêtre de tir pour aboutir à un accord sur le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide avant l'été et les élections qui se profilent chez les créanciers. Sans quoi, la perspective du Grexit devrait faire son grand retour.

Parade du Carnaval dans les rues d'Athènes, le 19 février 2017
Parade du Carnaval dans les rues d'Athènes, le 19 février 2017 Crédits : Giorgos Georgiou - AFP

C'est une petite musique que l'on entendait plus depuis des mois. Il faut dire que le Brexit avait largement pris le dessus depuis un an, mais depuis quelques semaines, le Grexit fait de nouveau les titres des journaux, et on l'entend même proposé comme solution dans la bouche de responsables politique allemands.

Vendredi dernier 17 février, le vice président du Parlement Européen, Alexander Graf Lambsdorff estimait dans une interview au journal Challenge que seulement un tiers des exigences des créanciers avaient été mise en place par la Grèce, et ce politicien du parti libéral démocrate donne clairement sa solution au problème:

"Ménager une transition, par étape, vers le retour de la Grèce à une monnaie nationale". Mais attention dit-il, le Grexit ne sera pas le Brexit, puisque la Grèce aurait vocation à rester dans l'Union Européenne.

Le Grexit est devenu ussi un thème récurrent dans la presse allemande alors que s'approchent les élections (de septembre). Il y a trois semaines, le Bild titrait: le Grexit est de retour.

Pour illustrer cet article, la photo de Wolfgang Schäuble, le ministre des finances de l'Allemagne, qui selon le tabloid allemand parlerait de nouveau clairement du départ de la Grèce de la zone euro.

L'image d'illustration de l'article du Bild fin janvier
L'image d'illustration de l'article du Bild fin janvier

Hier, 19 février, Wolgang Schäuble a démenti dans une interview télévisé avoir brandi cette menace, des propos qui contredisent ses très nombreuses déclarations selon lesquelles, il faut maintenir la pression sur la Grèce, sinon je cite "le pays ne pourra pas rester dans l'Union monétaire".

Un Grexit comment?

Il y a plusieurs types de Grexit.

  • Le Grexit en urgence et désordonné, comme il a failli avoir lieu l'été 2015.
  • Le Grexit planifié et concerté.

Le Grexit en urgence est une possibilité. Cet été la Grèce a de grosses échéances de prêts à rembourser, et si ses créanciers ne s'accordent pas avant, le scénario de 2015 est rejouable.

Le Grexit planifié et concerté serait envisageable dès maintenant. Il faudrait juste que toutes les parties soient d'accord. Côté créanciers, on ne sait pas bien, mais à part l'Allemagne qui considère qu'exclure la Grèce de la zone euro donnerait une bonne leçon d'orthodoxie aux autres membres, le Grexit n'est pas défendu publiquement. La commission européenne clairement le redoute (après le Brexit, imaginez l'image). La France aussi, car voilà qui donnerait du crédit aux idées du Front National.

Côté Grec, l'idée commence à faire son chemin. Pas au gouvernement, mais dans les rangs de Syriza. L'ancien ministre de la culture Grec, Nikos Xydakis, aujourd'hui simple député a évoqué, non pas l'idée que le Grexit serait une bonne idée, mais qu'il faudrait au moins que le parlement grec s'empare de cette question.

Pas de tabou, si les Allemands mettent de nouveau les grecs face à ce choix: nouvelles mesures d'austérité, ou sortie de la zone euro... autant être prêt.

En Grèce aussi le Grexit, ou plutôt le retour à la Drachme, fait de nouveau partie des sujets qui reviennent dans les journaux alors que la situation sociale est toujours aussi dramatique.

Alexis Tsipras, pas pour le Grexit

Pour le moment non. Le premier ministre Alexis Tsipras essai toujours et encore de satisfaire ses créanciers européens. Il a même continué de critiquer vertement le FMI, histoire de taper sur quelqu'un, alors que le FMI est pourtant le meilleur avocat d'une rénégociation de la dette grecque, ce qui était l'une des promesse phare de Syriza à son arrivée au pouvoir.

Peut être que le FMI tient l'une des clefs du Grexit. Le ministre des finances Allemand, a déjà dit que si le FMI ne rejoignait pas les européens, le troisième plan de sauvetage décidé l'été 2015 serait annulé.

Or qui détient les clefs du FMI, les Etats Unis, qui en sont les premiers actionnaires, et qui verrait d'un bon oeil l'éclatement de la zone euro... j'arrête les devinettes ensuite...

Donald Trump. Nous voilà rassurés n'est ce pas?

Pour aller plus loin, si ce dossier vous passionne autant que moi, voir ici six précédents billets (sur ce sujet) et un long dossier d'éclairage:

Marie Viennot

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