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Theresa May a délivré un discours de 45 minutes, et un plan en 12 points.

Hard, Soft, Clean, Great ou Greek Brexit?

3 min
À retrouver dans l'émission

Le Brexit sera hard, dur, affirme la presse après le discours de Theresa May. Really? Les épithètes accolés au Brexit sont légions. Ses partisans espèrent au fond que ce sera un Great Brexit. La balle est dans le camp de l'UE. Appliquera-t-elle la même fermeté qu'avec la Grèce pour l'exemple?

Theresa May a délivré un discours de 45 minutes, et un plan en 12 points.
Theresa May a délivré un discours de 45 minutes, et un plan en 12 points. Crédits : Kirsty Wiggleswort - AFP

Se dirige t-on vers un hard brexit, un brexit dur? C'est l'analyse que font les médias, qui ont accolé ce terme dur, au Brexit. Hard Brexit, c'est l'idée que la Grande Bretagne sort du marché interieur, aussi bien pour la circulation des hommes, que des marchandises, et des capitaux.

Mais attention un hard Brexit est compatible avec un smooth brexit, un brexit suave. Le smooth brexit étant celui qui sera négocié tranquillement, en permettant aux milieux économiques de se projeter... et évitera le Black Brexit, le Brexit noir (oui ça existe), qui serait lui, le saut dans l'inconnu faute d'avoir pu négocier un accord.

Theresa May ne parle jamais de Hard Brexit. L'épithète que j'accolerai moi à son intervention hier, c'est qu'elle souhaite un clean Brexit, brexit propre, c'est à dire bien négocié et clair. Mais il existe encore d'autres épithètes accolés à ce mot Brexit, et la Première ministre en a elle même créée quelques uns. Ecoutez là, il y a un mois elle dit pencher en faveur d'un Brexit rouge blanc et bleu. Red white and blue...

Red white and blue on a là rappelées les couleurs du drapeau anglais, l'Union Jack, façon de dire qu'elle souhaite un Brexit favorable à la Grande Bretagne... le contraire serait étonnant.

Je vous livre pour sourire, quelques autres épithètes accolés au Brexit sur les réseaux sociaux: on file souvent la métaphore culinaire, il y a notamment le

  • le Lemon and herb Brexit, citron et herbe
  • le Medium Rare Brexit, bleu saignant
  • le bombastic brexit qui se passe de commentaire
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Le Brexit est devenu une marque

Tous ceux qui s'opposent à l'Union Européenne ou à l'establishment s'en réclament, Donald Trump compris. Voir ici un précédent billet: Trump, le Brexit américain.

On sent que ces pro-Brexit non britanniques aimeraient eux, même si le terme n'est pas encore sorti, que le Brexit soit un Great brexit, un super brexit, façon "Make America Great again".

Et la récupération va donc bon train. Des partisans de Marine Lepen ont tweeté un graphique montrant que la livre avait grimpé pendant le discours de Theresa May, sous entendu, "quand on sort de l'Union Européenne et qu'on promet la fermeté, tout va bien".

C'est vrai que la livre est remontée hier face au dollar, parce que les investisseurs ont apprécié la clarification des positions de la Grande Bretagne, mais si on regarde sur 6 mois, avant le vote du Brexit, la livre était à 1 dollar 50, elle a beau être passé de 1.20 à 1.23 hier on est toujours toujours dans des niveaux très bas.

Observer sur longue période, c'est un conseil, l'autre dont on a déjà parlé dans ce billet plusieurs fois c'est que comparaison n'est pas raison. Ce que donnera le Brexit pour la Grande Bretagne n'est pas comparable à ce que donnerait un FREXIT, car la Grande Bretagne n'est pas dans l'euro, et surtout surtout, qu'elle s'endette dans sa propre monnaie la livre, donc une dévaluation ne pèse pas sur ses comptes publics.

La vérité, c'est que le Brexit n'a pas eu lieu.

Le brexit n'a pas eu lieu...

Le choix du Brexit a eu lieu, mais concrètement, le Brexit n'a pas eu lieu.

  • les biens entre la Grande Bretagne et le continent européen se font toujours sans droit de douane,
  • la City a gardé le droit de commercialiser des produits financiers en euro,
  • la politique d'immigration reste pour le moment la même...
  • l'article 50 qui officialise le début de négociation de sortie n'a toujours pas été activé. S'il est au printemps, comme prévu, il se passera ensuite deux ans avant que la sortie ne soit effective. Printemps 2019, donc.

Maintenant, la balle est dans le camp de l'Union européenne. Comment va-t-elle réagir à la liste de Noël exprimée par Theresa May hier? On en est là pour le moment. La première ministre a formulé ses désirs, mais elle ne s'est pas bridée. Elle veut tout et le reste, le beurre et l'argent du beurre diront d'autres.

Ne plus faire partie du marché unique, mais garder un accord douanier particulier

Ne plus laisser circuler librement les personnes, mais préserver la City en gardant au maximum la liberté de circulation des capitaux

Comment les européens vont-ils réagir à cela? Adopteront-ils une stratégie économique ou politique? Vont-ils penser aux intérêts commerciaux de leurs entreprises, ou seront-ils durs dans les négociations, voire punitifs, pour montrer que sortir de l'Union Européenne ne peut pas être un long fleuve tranquille? Imposeront-ils un Brexit à la Grecque, un Greek Brexit?

Test colossal pour l'UE

Avec la Grèce, ils ont clairement voulu faire un exemple, montrer que l'on ne pouvait pas rester dans l'UE et la zone euro sans respecter ses règles financières, quitte à ne pas respecter le choix d'un referundum, quitte à plonger la Grèce dans la recession.

Mais la Grande Bretagne n'est pas la Grèce. La Grèce c'est moins de 2% du PIB européen. La Grande Bretagne est l'un des premiers importateur de biens venus du continent.

Pas de Greek brexit donc, c'est mon pari... mais si les négociations aboutissent à un GREAT BREXIT, un super BREXIT, ce serait un cadeau rêvé pour tous ceux qui voient dans le Brexit un cri de ralliement anti UE et anti establishment.

Espérons donc un "Brexit means Brexit Brexit", c'est à dire un Brexit qui veut dire Brexit, et nous seront fixés, mais on saura alors ce que Brexit veut dire dans deux ans, pas avant, d'ici là d'autres adjectifs ne manqueront pas de faire leur apparition.

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